❃ Les grands personnages : Godefroy de Bouillon, chef charismatique de la première croisade

Godefroy de Bouillon, Chrétien exemplaire et chef Charismatique de la première croisade, Godefroy fut envoyé par sa mère Ida chez son oncle Godefroid III d'Ardenne ( duc de Basse-Lotharingie ), dit le Bossu, pour y faire son éducation de chevalier. La mort brutale de son oncle au combat pour le compte de l'empereur germanique Henri IV en 1076, propulsa Godefroy de Boulogne à la tête du royaume de son oncle qui n'avait pas d'héritiers. La conduite exemplaire de Godefroy de Boulogne décidera l'empereur à lui rétrocéder tous les titres de noblesse de Godefroid III d'Ardenne . Godefroy de Bouillon portera donc le titre de "Godefroy IV duc de Basse-Lotharingie" et règnera sur le marquisat d’Anvers, sur le duché qui deviendra le duché de Brabant, le comté de Hainaut, le duché de Limbourg, le comté de Namur, le duché de Luxembourg et une partie du comté de Flandre. Sans Godefroy de Bouillon, il n'y aurait pas eu de première croisade, sans la première croisade il n'y aurait pas eu d'États latins d'Orient.


Sans les Etats Latins à défendre il n'y aurait pas eu de Templiers

Godefroy de Bouillon un chef respecté

Légende autour de son lieu de naissance.
1) Histoire de la toute jeune nation Belge :
Godefroy, encore appelé Godefroid, deuxième fils d'un riche Seigneur flamand "Eustache II Comte de Boulogne" et d’une wallonne niéce du Pape Etienne IX "Ida de Lotharingie", héritière des ducs de Basse-Lotharingie.
   Téléchargez la généalogie de la Maison comtale de Boulogne ICI Après la chute définitive de Napoléon, les puissances victorieuses, qui décident de démembrer l'Empire Français, réunifient d'autorité au Congrès de Vienne, les anciens Pays-Bas de l'époque de Charles Quint dans le but d'en faire un État tampon. Godefroy de Bouillon Chef charismatique de la première croisade Cette construction politique nommée "royaume uni des Pays-Bas", ne durera pas et aboutira à la Révolution Belge de 1830. À cette date la Belgique voit le jour en tant que Nation constituée. En 1830 la Belgique était peuplée en majorité de néerlandophones mais était dirigée par des francophones, dont de nombreux Flamands : en effet, bourgeois et nobles flamands parlaient Français. La Cour, la classe politique, la magistrature, les milieux d'affaires s'exprimaient en Français. Plus tard, les Flamands ont lutté pour voir reconnaître officiellement leur langue. Cette lutte fut longue : ce n'est qu'en 1898 avec l'adoption de la loi Coremans-De Vriendt dite « Loi d'Égalité », que le néerlandais deviendra la langue officielle.
2) Création d'une Légende sur mesure pour cette jeune nation Belge :
La légende qui fait naître Godefroy à Baisy fut créée en 1830 pendant la révolution Belge, en même temps que la création du nouvel état Belge. L'histoire de ce nouveau pays était à construire, et, il fallait trouver des héros nationaux. La naissance du pays s'opéra dans la douleur, caractérisée par une quasi-guerre civile entre les Libéraux et les Catholiques, les deux camps revendiquaient la paternité de ce nouvel état. Les Catholiques furent les plus réactifs en matière d'histoire, et, ils eurent l'idée de fabriquer un héros national issu de leur rang ( tant qu'à faire ! ). C'est ainsi que Monseigneur de Ram, Recteur de l’Université Catholique de Louvain inventa de toutes pièces la légende de Godefroy "Belge" né à Bouillon ! La thèse de Monseigneur de Ram, doit être appréciée dans ce contexte. Laissons de coté la forme pour ne retenir que le fond de sa thèse, ou il ne cite aucune source primaire, et pour cause, il n'y en a pas.
Factuellement concernant sa naissance
château de Boulogne sur mer lieu de naissance de Godefroy de Bouillon Tous les enfants du Comte Eustache II de Boulogne sur mer et de Ida de Lotharingie, sont nés dans le château du Comte de Boulogne sur mer ( construit sur les ruines des casernes Romaines du II ème siècle, qui fut consolidé et remodelé complétement en 1227 par Philippe Hurepel ).
Quelques sources historiques :
   Foucher de Chartres Historien et Chapelain de Baudouin de Boulogne dès 1097 est très clair au sujet de la naissance à Boulogne de Godefroy : dans ses ouvrages "Histoire de Jérusalem", et "Sermon sur la prise de Jérusalem" (écrits vers 1127), éditée en 1866 dans le Recueil des Historiens des Croisades (Historiens Occidentaux, tome III), puis à Heidelberg en 1913 par Heinrich Hagenmeyer. Il en existe une traduction française publiée en 1825 par François Guizot.
   Bulletins de la Société des Antiquaires de Picardie - Tome V. Années 1853-1854-1855.
    La chronique de Saxe, la chronique de Hainaut, par Gislebert du Mont, Guillaume de Jumièges, Orderic Vital, Lambert d'Ardres et la plupart des chroniques des XI ème et XII ème siècles publiées par dom Bouquet et par M. Pertz.
   Guillaume de Tyr résume ainsi son lieu de naissance : « Oriundus vero fuit de regno Francorum, de Remensi provincia, civitate Bolohiensi, quae est secus mare anglicum sita ». Lib. IX, cap. V. Tom. I, p. 370.

A cette époque Boulogne était surnommée la ville des Pirates et des Saints. La mère de Godefroy dès lors qu'elle eût épousé d'Eustache II, contribua toute sa vie durant à sanctifier le Comté de son époux, en y faisant construire des églises et des hôpitaux sur ses deniers propres ( le monastère Saint-Wulmer, puis face à l’actuel Hôtel de Ville une église et ses dépendances conventuelles , puis la chapelle Sainte-Catherine, puis le prieuré du Wast en dehors de Boulogne et affilié à Cluny, puis près de Calais sur le territoire de Marck un autre monastère Notre-Dame de la Capelle, etc ).

Godefroy de Boulogne, naquit en 1057 à Boulogne sur mer

   Téléchargez la généalogie de la Maison comtale de Boulogne ICI

Godefroy ou Godefroid est le deuxième fils ❎ d'un riche Seigneur flamand "Eustache II -Aux Grenons- Comte de Boulogne" et d’une wallonne niéce du Pape Etienne IX "Ida de Lotharingie", héritière de Bouillon (Ardennes, Belgique), et des ducs de Basse-Lotharingie. Godefroy de Boulogne est un descendant de Charlemagne ❎ et, comme son illustre ancêtre, c'est un personnage extraordinaire. Il appartient à un clan de ducs, Comtes et évêques, groupe aristocratique qui gouverne la Lotharingie depuis l'an 950. Comme il ne pouvait hériter des terres de son père car deuxième fils, ses parents décidérent de confier son éducation de chevalier à son oncle Godefroy III le Bossu à Bouillon (Belgique). À la mort de ce dernier, il hérite de ses titres d'ou son surnom "Godefroy IV de Bouillon". Toutefois, si l'empereur germanique lui concède le marquisat d’Anvers (1076), il lui interdit en sa qualité de roi de Germanie, le titre de Duc de Basse-Lotharingie comme le souhaitait son oncle dans son testament. Godefroy se range néanmoins fidèlement au côté d'Henri IV dans la lutte d'investiture qui oppose l'empereur germanique et le pape Grégoire VII, et entre dans Rome les armes à la main. Pour le récompenser de ses fidèles et loyaux services, l'empereur germanique le reconnaît finalement Duc de Basse-Lotharingie en 1087. Il règne désormais sur le duché de Brabant, le comté de Hainaut, le duché de Limbourg, le comté de Namur, le duché de Luxembourg et une partie du comté de Flandre. Mais il tombe très gravement malade peu de temps après cette expédition à Rome, il y voit un signe du Très-Haut, et il fait le vœu, pour réparer ses torts, d'aller défendre les Chrétiens d'Orient s'il guérit.

Il guérira et tiendra parole !

Sans Godefroy ou Godefroid de Bouillon, il y a fort à parier que la première croisade n'aurait pas démarré en 1096, car les Seigneurs ne se hâtaient pas particulièrement pour délivrer les lieux Saints. C'est donc cette maladie dont Godefroy de Bouillon faillit mourir, mais dont il réchappa par miracle qui fut le point de départ de la première croisade. Une partie des Seigneurs d'Angleterre, du nord de la France, de Basse-Lotharingie, de Haute-Lotharingie et de Germanie furent contraints de suivre sans renâcler Godefroy de Bouillon dans son entreprise.

Afin de mieux comprendre ce qui suit, vous pouvez voir ci-contre, à quoi ressemble le royaume Franc en l'an 1100. Godefroy de Bouillon -  carte de France en 1100

Revenons à Godefroy de Bouillon et à la première croisade, ce seigneur ne fut pas choisi au hasard pour conduire la grande pérégrination car son lignage lui vallait de connaître parfaitement, non seulement les langues de l’époque : le roman et le thiois, mais également les mœurs des peuples qui les parlaient. En le choisissant comme chef des croisés, le Roi de France savait qu’il serait à la fois un médiateur des querelles inévitables et un trait d’union entre Lotharingiens, Germains et Français qu’il faudrait entraîner puis galvaniser pour les assauts très meurtriers finaux.
Sous les ordres de Godefroy de Bouillon, des Princes, Seigneurs, et Chevaliers ont participé à la délivrance des Lieux Saints de l'an 1096 à 1099. Voici une petite liste non exhaustive des croisés de la grande armée de Godefroy.

Godefroy de Bouillon, maître de guerre

Ce que vous ignorez peu-être :

Lors du concile de Clermont en Novembre 1095 le Pape Urbain II avait décidé d'accorder le statut d'homme libre à tout Serf qui prendrait la croix : cette décision eut un écho très favorable parmi la population en Servage. Sans attendre le départ de la grande armée 15 000 Serfs Français partiront dès le mois de Mars 1096 vers Contantinople ils y seront rejoints par 10 000 autres Serfs Allemands et Italiens. Cette cohorte de 25 000 hommes sans armes et sans véritables chefs obtiendra quelques victoires mais finalement se fera massacrer le 21 Octobre 1096 à Civitot près de Nicée. Seuls environ 4 000 hommes, ayant réussi à se barricader dans la forteresse désaffectée adossée à la mer, sont récupérés par la flotte byzantine et installés dans les faubourgs de Constantinople, après avoir été désarmés. Ces rescapés attendront à Constantinople l'arrivée de la grande armée de Godefroy pour repartir au combat. De leur côté, les Turcs épargnérent les croisés les plus jeunes, pour les réduire en esclavage.

Le grand départ de la pérégrination :

Le 15 Aout 1096 au départ de Boulogne sur mer, un cortège de 1000 Seigneurs et chevaliers, 60 000 hommes armés et 50 000 serfs prit la route de la Terre Sainte, avec comme signe de ralliement, une croix d’étoffe sur l’épaule ou sur la poitrine. Godefroy de Bouillon a organisé cet événement à partir de sa ville natale "Boulogne sur mer" il a coordonné le départ des troupes Anglaises et Françaises, quant à ses propres armèes de Lotharingiens, ils s'agrégèrent au cortège à Aix la chapelle. les Seigneurs Germains eux rejoignirent ce cortège à Ratisbonne. La croix des Lotharingiens était de couleur verte celle des Français était rouge celle des Germains était noire tandis que celle des Anglais était blanche.
Ce cortège traversa les villes de Saint-Omer, Courtrai, Aix la chapelle, Mayence, Ratisbonne, Vienne, Belgrade, Sofia, Constantinople. Arrivé à Constantinople ce cortège avait considérablement grossi, mais il allait encore tripler avec l'arrivée des troupes d'Hugues de Vermandois, Bohémond de Tarente (dont les croisés portaient une croix jaune), Raymond de Saint-Gilles, Robert Courteheuse. C'est une gigantesque armée qui s'ébranla de Constantinople vers Jérusalem, en traversant les villes de Nicée, Dorylée, Konia, Césarée, Maras, Antioche, Tripoli, Âcre.
En Décembre 1096 l'armée Chrétienne comptait plus de 300 000 hommes (sources 1) si l'on se référe aux chroniqueurs de la croisade. Avant de quitter Constantinople à la fin du mois de décembre 1096, Godefroy de Bouillon accepta de devenir le vassal en Orient de l’empereur de Byzance, Alexis Comnène. Les principaux chefs croisés le suivirent dans cette démarche avec réticence, mais Raymond de Saint-Gilles arrivé tardivement à Constantinople, refusa de prêter allégeance.
Dès son entrée en Turquie (actuelle) au printemps 1097, l’armée évaluée à plus de 300 000 hommes, livra de très durs combats contre les Turcs. De toute évidence les forces Musulmanes avaient été sous estimées. Les Musulmans excelleront dans l'art de ralentir la progression de l'armée Chrétienne. Le 1erJuillet 1097 Godefroy de Bouillon bat les Turcs Seldjoukides de Kilic Arslan Ier à Dorylée, libérant ainsi la route de l'Anatolie. Commencèrent alors 3 longues années de souffrances dues à la rareté des vivres, au manque d’eau (en battant en retraite, les Turcs avaient empoisonné les sources qui n’étaient pas taries), à la chaleur accablante, aux attaques ennemies incessantes. De guerre lasse, certains grands Seigneurs abandonnèrent leurs compagnons pour rentrer en Europe ou pour conquérir des principautés musulmanes traversées. L’expédition fut particulièrement meurtrière, entre les combats, l’épuisement ou la faim, les maladies, nous pouvons qualifier le périple de ces Chrétiens de véritable calvaire.
Le 20 octobre 1097 les premiers croisés de l’avant-garde de l'armée Franque étaient en vue d’Antioche réputée imprenable et défendue par 12 kilomètres de hautes murailles et 360 tours. Après avoir enduré la famine pendant 9 mois, ils décimèrent leurs adversaires grâce à la traitrise d'un chef ennemi acheté à prix d'or par Bohémond.
Le 28 juin 1098, Antioche était Chrétienne. Grisés par leur victoire ils prirent la route pour Jérusalem ! Le calvaire dura encore une année et lorsqu’ils arrivèrent devant Jérusalem le 8 Juin 1099, les Croisés étaient moins de 20 000 et la ville était défendue par une forte garnison musulmane. Pendant un mois les croisés furent repoussés par les assiégés qui, du haut de leurs murailles, versaient sur eux des flots d’huile bouillante.
Le 8 Juillet 1099 Godefroy de Bouillon et son frère Eustache prirent personnellement la direction des opérations du siège de Jérusalem. Godefroy de Bouillon fit construire en quelques jours trois tours de siège, une pour lui une pour Raymond et une autre pour Robert. La tour de Godefroy fut la première à être opérationnelle. Deux Tournaisiens, les frères Englebert et Liétaud, commandèrent l’étage du milieu. En dessous se groupèrent ceux qui devaient pousser la tour contre les murailles. Godefroy donna l’ordre de placer des sacs plein de foin ou de paille sur la tour et d’y mettre le feu afin que le vent chasse la fumée vers les remparts. Les défenseurs furent bientôt obligés de quitter leur poste. Godefroy fut l'un des premiers à accéder au rempart, puis son frère et les 2 Tournaisiens s’y élancèrent également et entrèrent ensemble dans la ville. Après un combat sanglant qui dura 24 heures, Jérusalem fut prise le 15 juillet 1099, à 3 heures de l’après-midi.
Le tombeau du Christ était libéré !

Sources 1:
Selon Albert d’Aix au départ de l’expédition en Orient, on peut compter 600 000 hommes.
Selon Daimbert de Pise ils sont au départ 400 000 hommes.
selon Foucher de Chartres qui participa à la croisade il estime l’effectif de l’entreprise à 300 000 hommes capables de combattre.
Ces chiffres incluent bien entendu les civils accompagnant les militaires.

Godefroy de Bouillon et le royaume de Jérusalem

Après la conquête du proche orient et la prise de Jérusalem, les Croisés fondèrent le royaume de Jérusalem. Il fallait organiser au plus vite les territoires conquis et déterminer lequel des chefs croisés régnerait sur ces territoires. Godefroy de Bouillon qui s’était imposé par sa bravoure et sa sagesse fut unanimement choisi par les Croisés, qui le proclamèrent roi de Jérusalem. Mais il refusa de ceindre une couronne d’or dans la ville où Jésus-Christ avait porté une couronne d’épines. Il se contenta du titre d’Avoué et défenseur du Saint-Sépulcre pour ne pas mécontenter l’Eglise aux yeux de laquelle une seule souveraineté existait en Terre Sainte : celle du Pape. Godefroy de Bouillon se soumit ainsi à la volonté du Saint-Siège en devenant le représentant laïc de l’Etat pontifical qui venait de naitre en Orient. Il créa un Etat Chrétien suivant les principes de la féodalité et accorda un fief à chacun des chefs de la Croisade. Le royaume de Jérusalem se partagea entre le domaine royal et 4 fiefs principaux. Ces fiefs principaux, ainsi que le domaine royal avaient eux-mêmes des vassaux. Le royaume s’organisa selon les lois et règlements connus sous le nom d’Assises de Jérusalem. Vers la fin de l'année 1099 beaucoup de chevaliers et de Seigneurs reprirent le chemin du retour dans leurs fiefs respectifs, le chroniqueur "Foucher de Chartres" présent sur les lieux écrivit que seuls 300 chevaliers décidèrent de rester dans le royaume de Jérusalem. Dès l'année suivante d'autres troupes croisées viendront en Terre Sainte pour défendre ce qui venait d'être conquis par les Croisés Chrétiens.
Il convient cependant de noter avec le recul, que la présence armée Chrétienne au proche orient ne fut jamais de nature à défendre efficacement les états latins, tant il est vrai, que les nouvelles possessions étaient vastes et les effectifs croisés insignifiants.

Godefroy de Bouillon lâchement empoisonné

Godefroy IV Duc de basse Lotharingie, plus communément appelé Godefroy de Bouillon mourut à Jérusalem le 18 juillet 1100, sans doute empoisonné par l'émir de Césarée. Il fut inhumé dans l'église du Saint Sépulcre au dessous du calvaire le 23 juillet 1100 .

église du saint-sépulcre de saint-omer, Godefroy de Bouillon et Geoffroy de Saint-Omer à Jérusalem, vitrail realise par Antoine Lusson vers 1860 A l'annonce de son décès son frère, Baudouin de Boulogne Comte d’Edesse revint à jérusalem afin de vanger la mort de Godefroy de Bouillon. De fin Octobre à fin Décembre il sillonnera la Judée Samarie pour traquer les bandes de pillards musulmanes, il fit régner la terreur jusqu'à la mer morte. Puis à la fin Décembre 1100 il revint à Jérusalem et devint le premier Roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin 1er de Jérusalem.

Godefroy de Bouillon sarcophage dans l'église du saint sépulcre A l’origine le sarcophage en marbre blanc ne comportait aucune inscription conformément au souhait de Godefroy, mais Gormond de Picquigny patriarche du Saint-Sépulcre fit graver sur ce tombeau en 1119, après la mort de Baudouin 1er cette épitaphe : "Ici repose l’illustre Godefroy de Bouillon, qui conquit tout ce pays à la religion chrétienne. Que son âme repose avec le Christ. Amen".





Tombes de Godefroy de Bouillon et Baudouin 1er


Godefroy de Bouillon sarcophage dans l'église du saint sépulcre
















A la mort de Baudouin 1er le 06 Avril 1118 son sarcophage en marbre blanc identique à celui de Godefroy fut placé face à celui ci. Nous savons par les récits des historiens que les sépultures de Godefroy et de Baudouin étaient à la place d’honneur. il y aura 7 successeurs a Baudouin 1er qui bénéficieront tous d'un sarcophage dans cette église du Saint Sépulcre, sauf Mélisende qui sera inhumée aux côtés de sa mère, Morfia de Malatya, dans le sanctuaire de Notre-Dame de Josaphat.
- Baudouin II de Bourcq du 14 Avril 1118 au 21 Août 1131
- Foulques d'Anjou du 21 Août au 1131 10 Novembre 1143
- Baudouin III et la régente Mélisende ( sa mère - fille de Baudouin II ) du 10 Novembre 1143 au 30 Mars 1152.
- Baudouin III du 30 Mars 1152 au 10 Février 1162
- Amaury Ier du 10 Février 1162 au 11 Juillet 1174
- Baudouin IV le Lépreux du 11 Juillet au 1174 16 Mars 1185
- Baudouin V du 20 novembre 1183 au 11 août 1186
Les deux derniers rois du grand royaume de Jérusalem furent :
- Sibylle du 11 août 1186 au 22 octobre 1190
- Guy de Lusignan du 11 août 1186 au 22 octobre 1190
Comme Jérusalem fut reprise par les Musulmans en 1187, les rois suivants du royaume de Jérusalem ne furent plus inhumés dans cette ville.

Après 1187 ce qui reste des états latins deviendra le royaume d'orient à Saint-Jean d'Acre et Guy de Lusignan en sera le premier souverain, puis, se succéderont Isabelle 1ere, Conrad Ier, Henri de Champagne, Amaury II, Marie, Jean 1er, Isabelle II, Frédéric II. En 1250, les seigneurs se débarrasseront des hommes de Frédéric II et organiseront un gouvernement collégial. Ils maintiendront un semblant de royauté, mais celle-ci sera purement factice et les rois ne viendront plus dans le royaume. Plusieurs membres de la famille royale se proclameront régents du royaume, sans véritablement en assumer la charge. Il y aura donc encore deux rois : Conrad IV de Hohenstaufen et Conradin. Il y aura ensuite cinq régents : Alix de Champagne, Henri Ier de Lusignan, Plaisance d'Antioche, Isabelle de Lusignan, Hugues III de Poitiers-Lusignan.
Il y aura pour finir cinq gouvernements : Jean d'Ibelin, Balian d'Ibelin, collège de barons, Saint Louis, collège de barons. La milice des pauvres chevaliers du christ prendra le nom d'Ordre du Temple en 1118, mais sans un apport massif de recrues venues d'occident ils ne feront pas de miracles face à des ennemis bien plus nombreux qu'eux. Et en l'an 1200 ils combattront à 1 contre 3 sans jamais démériter, puis à partir de l'an 1250 ils combattront à 1 contre 10 et devront se résoudre à accepter des trèves humiliantes. De trèves humiliantes de dix ans en défaites cuisantes, les Templiers, les Hospitaliers et les Teutoniques seront définitivement chassés d'orient après la défaite de Saint-Jean d'Acre en 1291. Le comté d'Edesse, le comté de Tripoli, la principauté d'Antioche, le royaume de Jérusalem, et la Cilicie Arménienne qui formaient les états latins disparaitront à jamais.

Profanation des Sépultures des huit rois Chrétiens de Jérusalem par les Chrétiens Coptes


Revenons dans l'église du saint Sépulcre de Jérusalem, ou les 8 sarcophages de Godefroy de Bouillon, Baudouin 1er, Baudouin II de Bourcq, Foulques d'Anjou, Baudouin III, Amaury Ier, Baudouin IV le Lépreux, Baudouin V restèrent jusqu‘au XVI ème siècle. A cette époque, tandis que ceux de Godefroy et de Baudouin Ier restaient à leur place dans l'église, les autres sarcophages pour une raison encore à ce jour inconnue, furent déplacés vers des lieux de passage dans l'église. Au début du XIX ème siècle survint une catastrophe dans l'église du saint Sépulcre. L’incendie qui ravagea le Saint-Sépulcre le 12 octobre 1808 épargna les tombeaux, mais les franciscains qui étaient en charge de l'église depuis l'année 1605 étaient tellement pauvres qu'ils ne purent entreprendre les travaux de restauration.
Les Grecs Coptes, ennemis héréditaires des Catholiques, en profitérent et, grands Seigneurs, proposérent de reconstruire l’église à leurs frais, se gardant bien de leur dire qu'ils profaneraient les sépultures des rois Chrétiens qui s'y trouvaient.
En 1809 leur architecte décida de casser les deux sarcophages de Godefroy de Bouillon et de Baudouin 1erde Jérusalem pour en faire des matériaux de construction afin d'édifier de nouveaux murs, et, les ossements et débris de vétements trouvés dans les sarcophages furent jetés dans les décombres qui furent ensuite évacués à la décharde publique ! A l'emplacement de ces deux sarcophages l'architecte fit construire deux bancs en pierre liés dans les nouvelles maçonneries, adossés aux murs et se faisant face. Les 6 autres sarcophages, furent stockés sans précaution dans la crypte d’honneur.
En 1809, les Chrétiens de France qui avaient survécu à la révolution avaient d’autres préoccupations, l’affaire sombra dans l'oubli et n'eut aucune suite. Le Pape Pie VII lui même ne fut pas troublé par ce scandale, peut-être parce qu'il était lui même fort occupé à se sortir des griffes de l'Empereur Napoléon Bonaparte qui venait d'annexer les États pontificaux.
En 1845, la crypte d’honneur, où reposaient les 6 autres rois de Jérusalem, fut transformée en réfectoire. Les sarcophages des 6 rois ( Baudouin II de Bourcq, Foulques d'Anjou, Baudouin III, Amaury Ier, Baudouin IV le Lépreux, Baudouin V ) subirent le même traitement que celui infligé 37 ans plus tôt aux sépultures de Godefroy et de Baudouin 1er ( ouvrages et ossements jetés en décharge publique ). Le Pape Pie IX ne fut pas plus perturbé que son prédécesseur par ce nouveau scandale, pourtant il se proclamait "le pape des droits de l'homme", et Victor Hugo lui même prononça à la Chambre des pairs le 13 janvier 1848 un éloge vibrant de Pie IX. Ce Pape tout acquis aux idées Républicaines (qui avaient le vent en poupe ) ne se souciait pas de ces profanations qui auraient pourtant dû le faire réagir. Ce Pape oubliait délibérément les rois Chrétiens qui avaient contribué à consolider l'église Catholique, au profit des nouveaux dirigeants Républicains pourtant bien éloignés de la Chrétienté.
De nos jours, dans la chapelle du Saint-Sépulcre, adossés aux murs et insérés dans la maçonnerie, il existe toujours deux bancs de pierre qui se font face, ces bancs sont à l'emplacement des deux sépultures, et certains voyageurs prennent encore à tort ces bancs pour les tombeaux de Godefroy et de Baudoin.

emplacement de la tombe de Baudouin 1er emplacement de la tombe de Godefroy de Bouillon dans la chapelle du Saint-Sépulcre














retour en haut de la page consacrée à Godefroy de Bouillon