✠ Templiers : Devise des Templiers, "Non Nobis Domine Non Nobis Sed Nomini Tuo da Gloriam"


La devise des Templiers c'est le Psaume 115 verset 1 : "Non nobis Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam", et elle peut se traduire ainsi : "Pas pour nous seigneur, pas pour nous, mais pour la gloire de ton nom". Sur le chemin qui menait les croisés à Jérusalem lors de la première croisade, ces derniers furent arrétés par les Musulmans à Antioche qui résista 8 mois aux assauts des croisés, mais le 28 juin 1098 contre toute attente, elle fut prise par les croisés. Pour remercier Dieu les croisés récitèrent ce Psaume toute la nuit, cette victoire qui tenait du miracle marqua tellement les esprits, que les Templiers adopteront ce Psaume pour devise de l'Ordre bien des années plus tard en 1118.


Histoire de la Devise des Templiers

Ainsi donc, dès l'an 1118 les Templiers récitaient leur devise plusieurs fois par jour quand ils ne guerroyaient point, et lorsque ces derniers partaient au combat ils clamaient haut et fort cette Devise par trois fois !
"Non Nobis Domine, Non Nobis, Sed Nomini Tuo Da Gloriam" ce qui peut-être traduit par "Pas pour nous Seigneur, Pas pour nous, mais pour la gloire de ton nom" - Psaume 115 verset 1

Autre précepte des Templiers

Les Templiers récitaient également plusieurs fois par jour un autre précepte ❎ qui exprime la double identité des moines soldats Catholiques :
Finis militaris memores : Pense à ton but en soldat.
In finem vobis videtur de Christiana : Pense à ta fin en chrétien.
Pense à ton but en soldat emblème TEMPLIER - Les  Templiers ont adopté ce symbole  en 1145. et, Pense à ta fin en chrétien.

Devise gravée sur la pierre des salles capitulaires

La Devise "Non Nobis Domine, Non Nobis, Sed Nomini Tuo Da Gloriam" était gravée à l'entrée de toutes les sallles capitulaires des forteresses, comme celle de Mont-Thabor, qui ont façonné durablement le paysage des états latins. Ses commanderies ( plus de 9000 en 1307 ) qui étaient destinées au recrutement des nouveaux chevaliers et à l'hébergement des invalides, possédaient également la même caractéristique : cette Devise était gravée dans la pierre des salles capitulaires et des églises templières. chapelle templière de cressac À Cressac, au sud d'Angoulême, nous pouvons encore voir la chapelle de la commanderie du Dognon et ses émouvantes peintures murales qui racontent la première croisade. Cette devise y est présente bien que très peu visible à cause de l'érosion. De petites dimensions, la chapelle est composée d'une nef unique et d'un chevet plat elle est couverte d'une voûte en berceau brisé. Les trois baies et l'oculus du mur est, l'étroite fenêtre qui surmonte la porte occidentale diffusent la lumière. Les peintures murales, réalisées vers 1170-1180, recouvrent le mur nord de la nef, le mur est du chevet et le revers de la façade, à l'ouest. Elles ont été restaurées dans les années 1950, les peintures du mur nord ont été déposées puis reposées sur des panneaux en contre-plaqué. Les murs est et ouest sont illustrés par des sujets religieux. Sur le mur est, de part et d'autre des trois baies, sont représentés saint Michel pesant les âmes et un évêque bénissant. Sur le mur ouest, saint Georges combattant le dragon est figuré à gauche de la baie. À droite, un cavalier couronné foule le corps d'un homme, devant eux se tient une femme couronnée. Cette scène pourrait représenter l'empereur romain Constantin ( qui se convertit au christianisme au début du IV ème siècle ), l'homme couché incarnant le paganisme et la femme l'Église. Dans l'embrasure de la baie, à droite, un bateau est dessiné. chapelle templière de cressac Le cycle peint du mur nord évoque une bataille liée aux croisades, qui oppose les chevaliers francs, reconnaissables à la croix portée sur un vêtement ou un bouclier, aux troupes sarrasines identifiées par un bouclier rond. Ce sujet prend sa place dans cette chapelle édifiée par les Templiers, ordre créé pour la défense des États latins d'Orient et des pèlerins.

Qu'est-ce qu'une devise ?

De tous temps les hommes ont résumé par une courte phrase ( devise ) ce qu'ils pensaient être au regard des autres. La devise peut suggérer un idéal, la devise peut s'ériger en règle de conduite ou elle peut encore rappeler un passé glorieux. Il en fut ainsi des hommes, des familles, des royaumes, des états, puis des sociétés, des entreprises etc. Ainsi donc un chevalier qui avait pour devise "Artois le silencieux" annonçait la couleur : inutile de traduire tant il est vrai que ces trois mots assemblés sont suffisamment parlant.

Quand et pour quelle raison les templiers ont-ils adopté une devise ?

Pour comprendre, il convient de remonter à la première croisade dont le départ fut donné le 15 Aout 1096 à Boulogne sur mer, et qui vit son dénouement victorieux à Jérusalem le 15 Juillet 1099. L’un des moments cruciaux de la première croisade fut la bataille pour prendre la Citadelle d’Antioche, ce siège dura du 20 Octobre 1097 au 28 Juin 1098. Bien qu'étant en infériorité numérique, ils conquirent la forteresse après 8 mois de siège, le 02 Juin 1098.
Mais quelques jours plus tard ils furent à leur tour assiégés par les Musulmans revenus en nombre et commandés par Kerbogha.
Les Croisés avaient trouvé des vivres lors de la prise de la ville, mais 8 jours plus tard, il n’y avait plus rien à manger et la famine s’invitait à nouveau chez les croisés ( Voir les Gesta Francorum ) qui crurent que ces malheurs ne finiraient jamais.
Le moral était au plus bas, quand le 10 juin, un pèlerin de l'armée provençale, Pierre Barthélemy, certifia avoir eu une apparition concernant la sainte lance. Il indiqua qu’elle se trouvait dans la cathédrale de Saint-Pierre. L'évêque Adhémar du Puy ne fut pas convaincu, mais Raymond de saint Gilles le fut, et, immédiatement des fouilles furent entreprises. La nouvelle de cette vision se répandit parmi les croisés affamés et désespérés. Le même soir, un prêtre provençal, Étienne de Valence, annonça aux barons réunis qu'il avait eu une vision du Christ et de la Vierge demandant aux croisés de se repentir de leurs péchés, puis qu’ils recevraient un signe du ciel avant cinq jours. Étienne, ayant une meilleure réputation que Pierre Barthélemy et ayant juré sur les Saintes Écritures, fut cru par Adhémar. Les croisés laissèrent éclater leur joie lors de l'apparition d'une étoile filante dans la nuit du 13 au 14 juin. Le 15 juin, en fouillant la cathédrale, Pierre Barthélemy trouva un morceau de fer fiché sur une lance cassée, c'était la Sainte Lance ! La nouvelle de la découverte se répandit comme une trainée de poudre dans la ville et la relique fut conduite dans les quartiers de Raymond de saint Gilles. Le gros des troupes ne douta pas de l'authenticité de la relique et il ne se trouva personne pour gâcher cette fête. Le 27 Juin, Bohémond fut informé des discordes qui régnaient dans le camp de Kerbogha, et, les croisés dédidèrent d'attaquer le lendemain. Le moral était au plus haut car la " Sainte Lance ", accompagnait les Croisés. Kerbogha, en supériorité numérique et très confiant laissa les Francs sortir de la ville et prendre position sans les attaquer. Une fois les croisés déployés pour le combat ils se mirent à chanter, l'atabeg déconcerté hésita devant une telle attitude. Afin de comprendre ce qui se passait dans les rangs des croisés il demanda une trêve, mais les Francs pour toute réponse avancèrent. Kerbogha attaqua l'aile gauche franque qui cheminait le long de l'Oronte. Renaud de Toul et ses troupes chargèrent le centre de l'armée Turque, et, malgré un déluge de flèches les croisés transpercèrent les lignes Turques. Devant ce spectacle inattendu de nombreux Chefs Musulmans mécontents de la stratégie de Kerbogha, désertèrent le champ de bataille. Kerbogha fit incendier les champs devant ses guerriers pour ralentir les Francs et pour raisonner ses chefs, mais la cavalerie lourde Franque traversa les flammes et continua le combat. Les pertes furent très lourdes des deux côtés, après deux heures de combat, ce qui restait de l'armée Turque déserta le champ de bataille. Presque tous furent tués et les paysans chrétiens des environs achevèrent les blessés Musulmans. Kerbogha retourna à Mossoul, et, devant un tel désastre La garnison Turque de la citadelle située dans la ville ( celle que Godefroy de Bouillon tentait d’affamer ) se rendit à Bohémond après la bataille. Le 28 juin, Antioche était Chrétienne, et les Croisés étaient eux-mêmes surpris d’avoir une fois de plus vaincu un ennemi très supérieur en nombre ! La sainte lance fut l’objet de toutes les attentions, et une procession fut organisée dans la ville, les Croisés les plus robustes cheminèrent à genoux. Pour remercier Dieu, tous récitèrent durant la nuit, le Psaume 115 verset 1, "non nobis domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam".
A partir de Juillet 1098 ce Psaume sera choisit par les croisés pour qualifier leur mission au proche orient, ce psaume sera en quelque sorte leur Devise.

Une devise religieuse pour un ordre de moines soldats du Christ.

Bien des années plus tard, en 1118, les Templiers choisiront ce Psaume pour Devise officielle de l'Ordre du temple. Elle peut se résumer ainsi : "Pas pour nous seigneur, pas pour nous, mais pour la gloire de ton nom".

En quelles occasions les templiers prononçaient-ils leur devise ?

En chapitre cette devise était prononcée plusieurs fois. Avant chaque bataille cette devise était clamée haut et fort trois fois. Lors des armements de chevaliers, lors des cérémonies aux grades de Sergents d'armes ou d'Ecuyers, lors des inhumations des frères cette devise était répétée trois fois.


devise des Templiers

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