☨ Saint-Omer : la ville de Saint-Omer

   Saint-Omer au coeur de l'histoire de France   


L'Ordre du Temple de l'an 1118 était composé de moines soldats Catholiques au service du Pape et sous son commandement suprême, et cet ordre est resté Catholique jusqu'a sa dissolution par le Pape Clément V le 22 mars 1312. Cet Ordre fondé par Geoffroy de Saint-Omer, faillit à sa mission sans jamais avoir démérité, et, à leur retour dans le royaume france en 1292 rien ne se passa comme prévu ! Les Templiers furent victimes d'une machination ourdie par le roi Philippe le bel, et le Pape fut impuissant à les sauver.
A partir de 1804, encouragé par Napoléon Bonaparte et grâce à Fabré-Palaprat, le Templarisme fut remis au goût du jour. Malheureusement très vite, des thèses fumeuses apparurent dans ce monde très fermé.
A partir des années 1950 avec le néo-Templarisme ces thèses se sont transformées en dérives ésotériques délirantes ( Prieuré de Sion, Da Vinci Code, Marie-Magdala, les Mérovingiens, etc ).


Saint-Omer berceau de l'Ordre du Temple

Préambule

L’abbaye Saint-Bertin
fondée au VII ème siècle, figure parmi les plus anciennes et importantes de la région. ruines de l'abbaye Saint Bertin Proche des pouvoirs temporels successifs (comtes, ducs, rois), elle fut un foyer intellectuel et artistique. Dévastée au fil des siècles elle sera plusieurs fois reconstruite. C'est ainsi que se succèderont un monument carolingien puis une église romane et enfin l’église gothique. Les ruines, classées Monument historique en 1840, sont celles de l’église gothique. Sa construction débute au 13 ème siècle par le chœur. L’abbé Gilbert, surnommé l’abbé d’or, voit grand, il prévoit un édifice aussi haut que la cathédrale d’Amiens soit environ 40m sous voûte ! Son successeur réduira le projet de moitié. Il fera tout de même 122m de long, 40 de large au transept et 25 de hauteur sous voûte. La construction s’achève au 16 ème siècle par la tour qui symbolise l’art gothique des provinces du nord. A ce jour nous ne possédons aucune information sur son mobilier et son décor intérieur (boiseries, sculptures, tableaux, vitraux…) .
Détruite en partie à la Révolution, puis dépecée dans les années 1830, elle dut encore subir les outrages de la dernière guerre mondiale. Le lundi 23 aout 1943 à 9h00, 32 avions larguent 55 bombes sur la ville dont 4 sur l'usine à gaz toute proche de l'abbaye. C'est ce bombardement, qui sera à l'origine 4 ans plus tard de l'effondrement de la tour en 1947.

En 2007, un parc paysager permet d’en redonner la lecture puis les vestiges sont purgés, restaurés et protégés.


Le Musée de l’hôtel Sandelin
C'est l’un des principaux de la région . Installé, dans un hôtel particulier du 18 ème siècle, il renferme de riches collections très diverses. Près de 3000 œuvres et objets d’art allant du Moyen Âge au 19 ème siècle vous sont présentés dans ses 21 salles aux atmosphères singulières. Le musée s’organise sur trois niveaux. Au sous-sol, dans une ambiance de crypte, des collections exceptionnelles témoignent du riche passé de Saint-Omer à l’époque médiévale. Observez avec attention les mosaïques , vieilles de neuf siècles, dont la qualité de l’exécution et l’intensité des couleurs sont remarquables. Au rez-de-chaussée, la salle d’art religieux, vous offre un large panorama de la richesse des arts au nord de l’Europe du 10 ème au 16 ème siècle.

Mosaique poissons musee_sandelin

C’est ici que vous trouverez l’un des plus précieux chefs-d’œuvre du musée : le Pied de Croix de Saint-Bertin , unique objet de ce type conservé au monde ! Dans le corps central de l’hôtel particulier, peintures, sculptures et mobilier reflètent l’art de vivre du 17 ème au 19 ème siècle. De véritables chefs-d’œuvre de la peinture européenne vous y attentent :comme la série de quatre tableaux réalisée par Boilly, un portraitiste virtuose. Au premier étage, vous pourrez admirer les grands formats de peintures du 19 ème siècle, réalisés par des grands maîtres tels que Belly, Chifflart ou encore De Neuville, tous originaires de Saint-Omer. Cet étage vous offre également une sélection de sept cent cinquante pièces de céramiques du 17 ème au 18 ème siècle, qui vous feront voyager ! Vous ne pourrez rester insensible à la pureté, à la finesse et aux couleurs sublimes des porcelaines asiatiques . Dans la continuité se trouve une salle dédiée aux pipes en terre cuite de Saint-Omer datant du 19 ème siècle, chères au cœur des audomarois.


L'abbaye cistercienne Notre Dame de Clairmarais
De l'importante abbaye de Clairmarais dans l'ancien diocèse de Thérouanne ne subsistent que des vestiges intégrés dans les bâtiments d'une grande ferme. Un portail dont les deux arcades en plein cintre subsistèrent jusqu'en 1907, un bâtiment et la chapelle à usage des hôtes présentant encore des vestiges (traces de baies, éléments de charpente) qui peuvent être datés de la fin du XIV ème siècle. L'ancienne bassecour autour de laquelle s'ordonnent maintenant la résidence et les bâtiments de l'exploitation agricole, remontent à la fin du XVII ème siècle , notamment un bel ensemble de granges mesurant près de cent mètres de long. Ci-dessous la Croix-reliquaire dite de Clairmarais conservée de nos jours au Musée Sandelin.

Croix-reliquaire dite de Clairmarais conservée de nos jours au Musée Sandelin De l'enclos monastique , il ne subsiste que peu de choses. Des piliers de briques sont l'unique trace du quartier abbatial qu'éleva Adrien Canlers, moine et architecte (1738). La ruine d'un mur soigneusement appareillé en pierre de taille, dont l'état s'est encore aggravé après un effondrement partiel en 1984, correspondrait à une structure à étage, de deux travées voûtées d'ogives, qui doublait la galerie méridionale du cloître entre le réfectoire et le bâtiment élevé dans le prolongement de la salle capitulaire et du dortoir, à l'angle sud-est du cloître, suivant le plan de l'abbaye dressé en 1792 (Archives départementales du Pas-de-Calais, CPL/F61).

L'abbaye cistercienne Notre Dame de Clairmarais La présence d'un contrefort à emboîtement sommital, selon un type répandu en Laonnois et en Soissonnais, permet de dater ces vestiges de la fin du XII ème ou du début du XIII ème siècle. L'église abbatiale démolie à partir de 1794 mesurait plus de 100 mètres de long. La nef comptait onze travées et présentait une élévation à trois niveaux. Il n'est pas certain comme l'affirmait Pierre Héliot qu'elle ne fût jamais voûtée. La construction de cette partie de l'église n'a dû être entamée qu'après l'installation définitive des moines sur le site en 1166, et non 1152 comme l'écrivit Pierre Héliot (Les églises du Moyen-Âge dans le Pas-de-Calais, Arras, 1947, t. 2, p. 373), ce qui d'ailleurs s'accorde mieux à une architecture qui, avec notamment l'usage de colonnes géminées comme supports, devait faire référence à des monuments de la région comme la cathédrale d' Arras et Notre-Dame de Saint-Omer. Le transept et le chœur, plus élevés, avaient été reconstruits à partir de 1226 pour être achevés en 1257, à l'exception du voûtement qui toujours selon Pierre Héliot (ibid.) n'intervint qu'au XV ème siècle. Le chœur se terminait en abside avec un déambulatoire disposant de chapelles rayonnantes, selon un plan répandu à partir du début du XIII ème siècle, depuis les abbayes de Longpont et de Royaumont. Toutefois l'ampleur du niveau médian de l'élévation, visible sur un dessin inédit du XIX ème siècle ayant appartenu à Jacques Vanuxem et que reproduit l'auteur, ne s'accorde pas avec ces édifices, mais appelle des comparaisons avec l'architecture régionale où le triforium reste proportionnellement important, ainsi à SaintOmer, à moins qu'il ne faille chercher des contacts avec les grandes abbayes cisterciennes anglaises, notamment Rievaulx ou Fountains dans le Yorshire, dont les chœurs reconstruits au XIII ème siècle présentaient dans leur partie droite un schéma d'élévation semble-t-il comparable.
abbaye de Clairmarais A la demande de Suger maitre d'ouvrage, l'abbaye de Clairmarais fut fondée en 1140 par Thierry d'Alsace qui devint pour l'occasion maitre d'oeuvre en respectant les règles de l'Ordre de Cîteaux. Dans les années qui suivent sa fondation, l'abbaye reçoit plusieurs dons de terres et de rentes des seigneurs locaux. En 1145, Arnould Ier de Guînes, comte de Guînes, sa femme Mathilde et leur fils Baudouin donnent à l'abbaye de Clairmarais tout ce qu'ils possédaient à Niwerlede (Nieurlet) par concession du comte de Flandre Thierry d'Alsace, ainsi que d'autres biens. Cette donnation est actée par une charte qui stipule également des dispositions relatives au creusement des fossés à Clairmarais. Milon II, évêque de Thérouanne, confirme la donation lors d'un synode tenu la même année. Vers 1150, Arnould, Mathilde et Baudouin exemptent du tonlieu (impôt sur les marchandises) qui se lève pour le passage en Angleterre aux abbayes de Clairvaux et de Clairmarais, ainsi qu'à tous les monastères du même ordre que celui de Clairvaux. Plusieurs membres de la famille de Bourbourg, châtelains de Bourbourg font également des dons à l'abbaye. Les seigneurs d'Ardres agissent de même, ainsi Arnould IV d'Ardres vers 1149, qui accorde la dîme de terres situées à Nieurlet. Thierry d'Alsace, comte de Flandre, donne à l'abbaye en 1156 une portion du bois de Ruhout (forêt de Clairmarais). Arnould va encore approuver des donations faites à l'abbaye à cette époque. Baudouin II de Guînes, fils d'Arnould, et sa femme Christine d'Ardres, vont à leur tour faire en 1174 d'importantes donations à l'abbaye de Clairmarais, tout en confirmant celle faites par Arnould. Les comtes de Guînes successifs accordent des libéralités au monastère ː en 1270, Arnoul III de Guînes confirme ainsi à l'abbaye la donation d'une rente de 40 sous parisis, faite par sa tante Béatrix. L'abbaye bénéficie de la protection des papes ː en 1170-1171, Alexandre III confirme à l'abbaye la possession de plusieurs biens et notamment de la terre que les religieux avait conquise sur la mer et que Philippe comte de Flandre (Philippe d'Alsace), et le châtelain de Bourbourg leur avaient déjà concédé. Vers 1173, Philippe d'Alsace, comte de Flandre, fils de Thierry d'Alsace, dote l'abbaye de Clairmarais de l'ordre de 1283 mesures dont 297 de dunes (environ 570 hectares dont 130 de dunes) à Loon-Plage. Ces terres devenues terres d'église étaient dégagées de toute obligation féodale.


Rappel

Toutes les informations concernant Saint-Omer qui figurent sur notre site sont issues des travaux effectués par les membres de notre Commanderie ou extraites ( après vérification ) des ouvrages dont la liste figure en bas de page. Un auteur natif de Saint-Omer s'est particulièrement illustré ces dernières années dans la quête de l'histoire de cette ville, il s'agit de Monsieur DELVAUX. Nous recommandons vivement à tous les passionnés d'histoire la lecture de deux de ses ouvrages : Un auteur natif de Saint-Omer s'est particulièrement illustré ces dernières années dans la quête de l'histoire de cette ville, il s'agit de Monsieur DELVAUX.

Nous recommandons vivement à tous les passionnés d'histoire la lecture de deux de ses ouvrages :

Généalogies controversées de Charlemagne aux Croisades

Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille


Création de l'abbaye de Saint-Bertin

Durant la période du haut Moyen Age, ❎ la ville de Saint-Omer s'appelle encore « Sithieu » du nom de la villa Sithiu, édifices bâtis sur une butte calcaire surplombant un territoire marécageux et peu hospitalier irrigué par l'Aa. Cette butte ou motte castrale est un promontoire circulaire de 6 000 m² qui culmine à 26 mètres d'hauteur (NGF), elle domine la ville de Saint-Omer d'une dizaine de mètres. Cette butte est localisée dans la partie sud du castrum carolingien de Sithiu qui a été l’un des premiers noyaux de peuplement de la ville avec l’abbaye de Saint-Bertin située en contrebas à 700 ml à l'Est . Selon certaines sources, on aurait découvert des traces d'occupation de la période romaine avec des ruines de ce qui aurait pu être une tour d'observation ainsi que les restes d'un temple !. Ce territoire, bien que peu christianisé (car peu romanisé) était sous la protection de l'évêché de Thérouanne. Ce diocèse sera restauré en 630 sous le règne de Dagobert Ier. C'est ce dernier qui donna le siège épiscopal à Audomar, un moine de l'abbaye de Luxeuil fondé par le moine irlandais Colomban au VI ème siècle.. Les terres de Sithiu appartenaient à un homme appelé Aldroald et il en fit don à l’évêché de Thérouanne vers 650, probablement pour le salut de son âme ( il est réputé sans héritier et nouvellement converti ). En l'an 634 Audomar confia la tâche d'évangéliser cette région encore païenne à trois de ses compatriotes de l'abbaye de Luxeuil, Mommelin, Ebertram et Bertin. Ces 3 moines, comme Audomar, connaissent la langue tudesque des Saxons-Frisons et c'est une des raisons de leur nomination dans la région par le roi (à mettre également en relation avec la bonne réputation du Colombanisme irlandais de l'époque).
Les 3 moines fondèrent rapidement un premier monastère sur la commune de l'actuelle Saint-Mommelin, le vetus monasterium ou vieux monastère avec une église dédié à Saint-Pierre et Saint-Paul constructions achevées vers l'an 660. Par manque d'effectifs, l’évêque de Thérouanne Audomar envoya Mommelin à Noyon pour y tenir l’Évêché et Ebertram devint abbé de l'abbaye de Saint-Quentin. Vers l'an 661 Bertin, désormais seul, décida de fonder un nouveau monastère et, selon la légende, il se laissa porter par les flots et à l’emplacement ou son embarcation accosta, construisit son église. Ainsi fut créée l'église Saint-Martin qui deviendra l'église Saint-Bertin ( l'église de l'abbaye basse ), cette église sera achevée vers l'an 684 et ses bâtiments conventuels seront terminés vers l'an 711. En l'an 663 Audomar demandera qu'une autre église, dédiée à la vierge ( et qui deviendra Notre Dame ), soit édifiée sur la butte de Sithiu cette église sera complétement achevée vers l'an 692, mais les bâtiments conventuels ne seront achevés que 30 ans plus tard. En 663, l’évêque de Thérouanne mettra cette église sous la protection de Bertin. Il y eut donc, dès l'origine de la ville, un monastère haut et un monastère bas.
Audomar meurt en 670 et, selon ses dernières volontés, il est enterré dans l'église Notre Dame. Il recevra plus tard le nom d'Omer. Canonisé rapidement sous le nom de Saint-Omer et l'Audomarois restera l'appellation de la région autour de la ville. Bertin, quant à lui, mourut à 99 ans en 709. Egalement canonisé, il fut inhumé dans l'abbaye qui portera dès lors le nom d'abbaye de Saint-Bertin.

L'abbaye bénédictine semble rapidement avoir bénéficié d'une aura incontestable puisque c'est l'endroit qu'a choisi le premier roi de la dynastie carolingienne, Pépin III dit le bref, pour y emprisonner le dernier roi de la dynastie mérovingienne Childéric III en 751 (ce dernier y décédera en 755). Pépin III dit le bref

Un siècle plus tard, le premier Comte de Flandre Baudouin Ier dit bras de fer, décide de prendre l'habit monacal à Saint-Bertin et à sa mort, s'y fera inhumer. Ses descendants Baudoin II et III s'y feront également inhumer. A l'instar d'abbayes comme Saint Vaast, Saint Amand, Saint Riquier ou Saint Bavon, l'abbaye de Saint-Bertin deviendra à l'époque Carolingienne une abbaye royale et une des plus influentes du Nord de l'Europe.
Visite 3D de l'Abbaye de Saint-Bertin : grâce au travail de reconstitution de la Communauté d'agglomération de Saint-omer.














Bibliothèque Agglomération du Pays de Saint-Omer
film réalisé par Martin Peterolff ( Khulan Agency) pour la bibliothèque d'agglomération de Saint-Omer - Scenario Rémy Cordonnier et Sophie Barrere - voix : Christine Charpentier, Rémy Cordonnier, Olivier Réant.(fichier youtube)


Childéric III dernier roi Mérovigien, emprisonné, couronné, destitué puis à nouveau emprisonné à Sithiu ( Saint-Omer ) de 737 à 751.

A cette époque, toute la moitié sud de la France ainsi que la totalité de l'Espagne étaient wisigothiques. Les Mérovingiens régnaient sur la moitié nord de la France.
Après la mort de Thierry IV, en 737, le maire du palais du royaume d'Austrasie Charles Martel se refuse à installer un descendant de Clovis Ier sur le trône. Pendant sept années, tous les documents officiels Francs seront datés de l'année 737. Charles Martel désire faire traîner les choses le plus longtemps possible jusqu'à ce qu'il se sente suffisamment puissant pour se proclamer roi, mais il meurt en 741 avant d'accomplir ce dessein. L'aristocratie et tous les peuples Francs tiennent en grande estime la dynastie des Mérovingiens. La fronde grandit et c'est dans ce contexte que contraints et forcés ses deux fils, Pépin et Carloman en sont réduits à proclamer un nouveau roi Mérovingien en la personne de Childéric III que Charles Martel avait fait emprisonner à Sithiu en 737 ( actuellement Saint-Omer ). Childéric III est donc sorti de sa prison et placé sur le trône en mars 743 par Pépin le Bref. Childéric III dernier roi Mérovigien, rasé et incarcéré à Saint-Omer Après huit années de régne le dernier roi Mérovingien Childéric III est détrôné, à la suite d'un coup d'état, orchestré par Pépin alors maire du Palais et Chef des Francs d'Austrasie avec l'aval du Pape Zacharie. Ramené à Sithiu, la tête rasée, en signe d'incapacité, il est de nouveau enfermé dans une cellule de l'Abbaye de Saint-Bertin, Childéric III y sera reçu moine en 751, et y mourra en 755. Ce pauvre homme laisse derrière lui un fils nommé Thierry, enfermé encore enfant au monastère de Fontenelle en 753 où l'on perd sa trace, du fait de son jeune âge. Certains auteurs assurent qu'il fut clerc, mais en absence de preuves il est raisonable de ne rien affirmer.











Saint-Omer est une ville chargée d'histoire
, en 751, Sithiu devient la prison du dernier roi mérovingien, Childéric III qui régna de 743 à 751. Il fut détrôné avec l'aval du Pape Zacharie, suite à un coup d'état orchestré par Pépin le Bref. Pépin le Bref est sacré roi des Francs
Le 27 juillet 754 dans la basilique de Saint-Denis, au nord de Paris, le pape Étienne II sacre Pépin le Bref. Il lui confère les titres de roi des Francs et de Patrice des Romains (« Patricius Romanorum »). Les fils et héritiers de Pépin, Carloman et Charles (futur Charlemagne), sont aussi sacrés par la même occasion (ils succèderont conjointement à leur père quatorze ans plus tard). Leur mère Berthe, n'est pas oubliée. Elle est bénie par le souverain pontife. Pendant le millénaire qui va suivre, tous les souverains de France vont se réclamer de cette cérémonie et se faire sacrer à leur avènement selon le même rituel.

Naissance d'une dynastie
Pépin III, surnommé le Bref en raison de sa petite taille, est issu d'une puissante famille franque d'Austrasie (l'Est de la France et de la Belgique). Né à Jupille près de Liège, c'est le fils cadet de Charles Martel, maire ou « majordome » du palais royal et véritable chef des Francs. Ayant réuni les Francs d'entre Loire et Rhin sous son autorité, Charles Martel gouverne en laissant dans l'ombre le roi en titre, lointain descendant de Clovis. Dans les dernières années de sa vie, il ne se soucie d'ailleurs pas de désigner un successeur au roi Thierry IV, lorsque celui-ci vient à mourir. Quand lui-même meurt en 741, ses deux fils Carloman et Pépin le Bref héritent ensemble de la charge de maire et se partagent les territoires francs. Ils font couronner pour la forme un dernier roi mérovingien, Childéric III. Peu après, Carloman renonce au pouvoir et se retire dans un monastère, laissant à son cadet Pépin le Bref la totalité du pouvoir. Les principaux seigneurs de Francie occidentale (la France du nord), qui en ont assez des descendants de Clovis, offrent la couronne à Pépin. Ils le proclament roi des Francs à Soissons, sur le champ de mai (un lieu de réunion communautaire) en 751. L'archevêque de Mayence Boniface, évangélisateur de la Germanie, donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte (le Saint-Chrême). Les évêques du royaume confirment l'élection par un couronnement et le pape Zacharie, de Rome, donne son assentiment au changement de dynastie : « Il vaut mieux appeler roi celui qui a plutôt que celui qui n'a pas le pouvoir », dit-il en substance. Le transfert se passe sans effusion de sang. Le malheureux Childéric III est déposé et tondu (il perd les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs !). Il va finir ses jours au monastère de Saint-Bertin, à Saint-Omer... Pépin le bref alors maire du Palais et Chef des Francs d'Austrasie, envoyé, la tête rasée, en signe d'incapacité, à Sithiu et enfermé à Saint Bertin, Childéric III y fut reçu moine en 751, et y mourut en 755. Il laissa un fils, nommé Thierry, qui fut envoyé au monastère de Fontenelle (Saint-Vandrille), ou il y fut élevé dans l’obscurité.

La dynastie des Mérovingiens s'est brutalement arrétée a Saint-Omer en l'an de grâce 751, pour être remplacée par celle des Carolingiens.


Gestion de l'abbaye de Saint-Bertin

Afin d'organiser la vie en communauté, chaque monastère à partir du IV ème siècle, fixe son règlement, la règle. Vingt quatre règles sont connues mais deux seront principalement adoptées. Celle que saint Benoit, Benoit de Nursie, rédige pour son monastère du mont Cassin en Italie au milieu en 555, puis, à la fin du VI ème siècle, celle que saint Colomban donne à l’abbaye de Luxeuil. Ces 2 grandes règles coexistent jusqu’à ce que l’abbé Benoit d’Aniane, un aristocrate proche de l’Empereur Carolingien Louis le Pieux, obtienne en 817 la promulgation d’un capitulaire imposant la règle bénédictine réformée à tous les monastères. Elle encadre les devoirs et vertus des moines ainsi que les interdits et pénitences. Ses grands principes sont l’engagement à vie, l’obéissance, la chasteté, le retrait du monde, la vie commune, la pauvreté, ...
De la création à la fin de la période Carolingienne, 33 abbés se sont succédés pour diriger l'abbaye de Saint-Bertin. Deux grandes phases sont à retenir : Une première, se clôturant en 900, est marquée par l'autorité des abbés, dirigeant à la fois les moines et les chanoines et une deuxième voyant l'arrivée des Comtes de Flandre. Attiré par les revenus importants de l'abbaye, le Comte de Flandre Baudoin II dit le chauve demande en 892 la gestion de celle-ci à la mort de l'abbé Raoul. Les moines font opposition et demandent la nomination de leur ancien abbé devenu archevêque de Reims Foulque dit le vénérable, attribution qu'ils obtiennent. Le Comte de Flandre fera assassiner Foulque en 900 et malgré les menaces d'excommunication d'Hervé de Reims, successeur désigné de l'archevêque, le roi Charles le simple accorde l'abbaye à Baudoin II. Les Comtes de Flandre deviennent donc abbés laïcs de l'abbaye et bien qu'à partir d'Arnould Ier, la nomination de prévôts, chargés de s'occuper de la gestion abbatiale, paraissent changer la donne, il n'en est rien car le Comte continue d'exercer une forte influence sur la gestion de l'abbaye. La séparation entre le monastère haut et le monastère bas s'avère avec l'abbé Fridogise (820-833) qui s’inscrit dans le mouvement général de la réforme de l’église, menée sous l’impulsion du pouvoir Carolingien. Fridogise est un anglo-saxon qui a succédé à Alcuin en 804 en temps qu'abbé de Saint-Martin de Tours avant d'être nommé chef de la chancellerie impériale en 819 soit un an avant sa nomination en temps qu'abbé de Saint-Bertin. Le monastère bas, donc l'abbaye de Saint-Bertin, sera composé de moines alors que le monastère haut sera désormais composé de chanoines, l'église devenant ainsi une collégiale. Cependant, et à la différence des propos que peut tenir l'abbé Folquin en 962 (rejettant sur Fridogise tous les maux à venir suite à cette séparation), l'unité entre les 2 entités restera de mise durant la période Carolingienne pour se détériorer progressivement durant la période Romane. Cette « divisio » fut pratiquée dans beaucoup d'abbayes du IX ème siècle et consistait en une série d'aménagement des manses. Ses abbés successifs entretiendront des liens étroits avec les puissants leur conférant un rôle de premier plan dans la vie du royaume et permettant à l’abbaye d’acquérir un statut privilégié.

Patrimoine de l'abbaye Saint-Bertin

Au cours des premiers siècles de son histoire les biens de l'abbaye n'ont cessé d'augmenter. Comme nous l'avons vu dans la première partie, la création même de l'abbaye repose sur un lègue. Celui ci sera suivi par d'importantes donations qui procurèrent à l'abbaye un patrimoine foncier considérable. Rapidement, Saint-Bertin deviendra un des plus importants centres économiques et intellectuels du royaume et figurera sur la liste des abbayes royales éditée en 817.
Les possessions de l'abbaye s'étendent dans les villages aux alentours de la ville de Sithiu mais également bien au delà de ce secteur (citons Poperinge en Belgique ou Tubersent proche d’Etaples). Une œuvre majeure nous est parvenue et apporte des informations importantes sur ce sujet. Il s'agit du polyptyque de l'abbaye de Saint-Bertin qui établit un inventaire des biens détenus par cette dernière de 844 à 859. Il répertorie, selon une volonté royale, les éléments des domaines ruraux, leurs revenus et leurs sources. C'est un document de premier ordre pour appréhender la gestion du patrimoine de l'abbaye pendant la période Carolingienne.
Le manse (du latin manere) est l'unité principale des domaines à l'époque Carolingienne. Il comprend maisons, terres cultivées, pâturages, permettant à une famille de vivre. Il se calcule en bonnier qui correspond à environ 15 hectares par manse. Le manse sert pour la convocation de l'Ost et à l'imposition fiscale. Des tenanciers ainsi que du personnel servant de main d'oeuvre (luminari, prebendari, etc) devaient un nombre précis de jours de travail par semaine.
De nombreux domaines et terres cultivables sont dirigés par l'abbaye ainsi que des églises et une trentaine de moulins. Les moulins ont en effet une place centrale dans l'organisation économique de l'abbaye et la « règle de Saint-Benoit » en recommande d'ailleurs l'usage. Selon les textes, les moines de Saint-Bertin amassaient sur onze domaines environ 1700 muids de farine soit 200kg par jour et on estime qu'un moine à l’époque Carolingienne consommait 2 kg de pain par jour. Le malt livré servait à produire quotidiennement 700 litres de bière. L'abbaye possédait donc des milliers d'hectares exploités lui apportant une rente foncière suffisante pour couvrir l'ensemble de ses besoins financiers mais aussi alimentaires et matériels.

Le droit de chasse, accordé à l’abbaye Saint-Bertin

La chasse est avant tout affaire de rois et d’aristocrates. Son exercice est strictement réglementé dès l'avénement des souverains mérovingiens. Nombreuses sont d’ailleurs les parties de chasse royale relatées par les biographes tel Eginhard pour Charlemagne. La chasse contribue à prendre grand soin des domaines et sa réglementation apparait dans le capitulaire De Villis, rédigé vers l’an 800. Les souverains Carolingiens créent et entretiennent des réserves dans les forêts royales appelées « forestis » différentes des bois et forêts non royaux réunis sous le terme de « silva ». Le terme « silva » est employé pour désigner une forêt ou un bois alors que les termes « forestis », « foresta » ou « forestum » sont utilisés pour désigner des parcs de chasse réservés à l’usage exclusif du roi. chasse n’est pas une activité de gens d’église. En effet, les clercs n’ont pas le droit de pratiquer la chasse proscrite par l’Eglise à travers les décisions prises lors de nombreux conciles entre le VI ème et le IX ème siècle. Cette interdiction de chasse pour les religieux est également relayée par les souverains Francs dont Charlemagne en 769, 787 et 802. L’interdiction faite aux clercs de pratiquer la chasse n’empêche pas de nombreuses abbayes de disposer de domaines forestiers où elles exercent un droit de chasse. Cet état est le résultat des donations et privilèges accordés par les monarques Carolingiens et leurs successeurs aux abbayes. En 774, Charlemagne fait don d’une forêt à l’abbé de Saint-Denis. Saint-Bertin obtient de Charlemagne, le droit de chasser dans tous les bois et forêts réunis sous son autorité dans une charte octroyée par ce dernier le 26 mars 794. Par cette charte, Charlemagne, qui n’est pas encore empereur mais seulement roi des Francs et des Lombards, autorise l’abbé de Saint-Bertin, Odland, et ses moines à faire chasser leurs hommes dans les forêts et bois qui leur appartiennent : « in eorum proprias silvas licentiam haberent eorum homines venationem exercere ». A partir de ce moment, l’abbaye de Saint-Bertin, en tant que seigneurie, peut faire valoir les droits qui sont les siens sur la chasse dans ses domaines forestiers et sur le produit de la chasse provenant de ses domaines.

Razzias Barbaresques sur Saint-Bertin et Sithiu

Au milieu du IX ème siècle, Saint-Bertin rayonne sur le monde spirituel Carolingien. Son influence et la confiance qu'elle inspire poussent de nombreuses abbayes à déposer leurs reliques et autres trésors derrière les faibles fortifications de l'abbaye audomaroise, qui se renforceront rapidement sous l’impulsion des premiers Comtes de Flandre. L'abbaye de Saint-Bertin sera progressivement emmuraillée, et la ville de Saint-Omer en fera de même. L'abbaye Saint-Bertin eut, comme toutes les abbayes de cette période, à craindre ces barbares venus du Nord. Propriétaires de fabuleux trésors et souvent bien mal gardés, elles jouissaient d'un attrait évident auprès de ces pillards venus s'enrichir. Les chroniqueurs rapportent 3 attaques de l'abbaye :

   La première en 860 à la veille de la Pentecôte, fut l’oeuvre, d’un dénommé Weland. Lui et ses hommes du Nord, arrivèrent de nuit devant un monastère vidé de ses habitants à l'exception de 4 membres du clergé restés sur place. Ils pillèrent Saint-Bertin et Sithiu avant de repartir en laissant une part du butin pour le dieu des Chrétiens, placée sur un autel. Des hommes de Weland, trop avides, décidèrent de récupérer ce butin. L’apprenant, Weland fit pendre les voleurs aux portes du monastère.

  La deuxième eut lieu le 28 juillet 879. Une armée importante de Norrois débarqua de nuit et sema la terreur en pillant et incendiant tout sur son passage. Sithiu n'échappa pas à cette destruction. La troupe du nord reprendra rapidement la mer pour éviter l'armée Carolingienne mais, après un court séjour en Angleterre, ils revinrent en Flandre pour ravager la ville de Gand située à 150 kilomètres au nord est de Sithiu.

  La troisième, eut lieu le 16 avril 891. Depuis la deuxième invasion le seigneur de Saint-Omer avait mis en place des vigies chargées de surveiller jour et nuit les allées et venues des navires. Les vigies remplirent leur rôle à merveille, et les barbares furent immédiatement signalés à la population de la cité. Dès qu'ils eurent franchi le rétrécissement menant à l'Abbaye Saint-Bertin, et quand les Vikings furent suffisamment loin et hors de portée de vue, dans le plus grand silence les bateliers Audomarois barrèrent le chenal avec des dizaines de barques à fond plat reliées entr'elles par des cordages. Alors que les Vikings s'approchaient furtivement de nuit de la place qu'ils croyaient sans défenses comme d'habitude, ces barbares durent faire face à toute la population fermement décidée à repousser ces pillards meurtriers venus de la mer. Dans l'impossibilité d'accoster ils rebroussèrent chemin pour regagner la mer, mais très vite ils apperçurent au loin le chenal bloqué par une armada d'embarcations pleines de combattants qui criaient pour effrayer ces barbares. Il y avait des brasiers dans toutes les barques Audomaroises donnant ainsi l'impression dans la nuit que le chenal était bloqué et très bien défendu. Dans l'impossibilité d'apprécier en pleine nuit l'importance du danger, les Vikings firent à nouveau demi tour et remontèrent le bras de mer en direction du village d'Helfaut. Plus ils remontaient ce bras de mer et moins la navigation était simple (faible tirant d'eau) . Les habitants qui avaient quitté la cité pour suivre le long des berges les navires Vikings, se préparaient à l'assaut final, la voie était sans issue pour les Vikings, et, au pied du village d'Helfaut le bras de mer qui avait disparu depuis un kilomètre laissait place à la rivière l'Aa ( beaucoup plus large que celle que nous connaissons aujourd'hui ) que les Vikings devaient remonter . Après quelques centaines de mètres d'une navigation compliquée, tous les Langskips s'enlisèrent, les Vikings s'enfuirent à pied comme ils purent avec leur butin ( volé en chemin avant d'arriver à Sithiu ) en direction du village de Wavrans-sur-l'Aa . Rattrappés par les habitants de Sithiu, ils furent 300 à se faire massacrer. Le butin fut ramené à Sithiu, et les habitants remercièrent Dieu lors d'une grande manifestation à Saint Bertin. Deux survivants regagnèrent à pied le campement de leur chef "Hasting" qui prit la décision de venger cet affront. Ils reparurent donc en nombre une semaine plus tard, et tentèrent plusieurs jours durant, de s'emparer de la ville sans succès, décimés, ils finirent par s’enfuir pour ne plus jamais reparaitre à Saint-Omer. Ce chef "Hasting" qui s'était réfugié dans la ville côtière de Gand ( 150 kms au nord est de Saint-Omer ) recomposera en 892, une flotte de plus de 80 Langskips dans le but cette fois d'envahir l'Angleterre, mais lors de la traversée en 893 une violente tempête s'abattra sur cette armada , et il disparaitra avec tous ses bateaux en pleine mer .

Invasions vikings de Saint-Omer au moyen âge

Sources :
- Jean Derheims "Histoire de Saint-Omer - 1817" pages 68-71.
- Arthur Giry "Histoire de la ville de Saint-Omer et de ses institutions - 1977" .














Grandeur et Décadence de l'abbaye Saint-Bertin

Plan de l’église de l’abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer, conservé sous la cote 2 Fi 298, il a été dressé par Auguste Beaufort à l’occasion de fouilles effectuées en 1843-1844 par des membres de la société des Antiquaires de la Morinie. La qualité des travaux effectués par les érudits, dont ce relevé est un des aboutissements, et le souci de précision du dessinateur en font un document de premier ordre pour la connaissance de cet édifice.
On ne connait de la première abbaye que sa partie orientale qui était constituée d’un chœur bordé de collatéraux qui se terminait par une abside en hémicycle flanquée de deux absidioles. Les moines construisirent une église romane sur le monastère mérovingien de Saint-Bertin. De cette période sont conservés des chapiteaux ainsi que les restes d'une mosaïque pavant le choeur, actuellement au musée de l'hôtel Sandelin de Saint-Omer (retrouvé lors de fouilles exécutées au XIX ème siècle). vue en plan de Saint Bertin en 1843 C'est l'abbé Bovon qui commença les travaux en 1045, ils s'achevérent sous l'abbatiat d' Herbert en 1081. Un incendie étant survenu vers la fin du XI ème siècle, une restauration sera entreprise qui s’achévera vers 1105.
Au XIV ème siècle débutèrent des travaux afin de transformer cette église romane en église gothique. Les travaux commenceront en 1325 pour se terminer en 1520. C'est l'abbé Gilbert qui débutera cette nouvelle construction mais ses ambitions ( égaler la cathédrale d'Amiens ) seront revues à la baisse par ses successeurs. La construction fera tout de même 122ml de long, 40ml de large au transept et 25ml de haut sous la voûte et sera un chef d'oeuvre tant par son architecture que par son ornementation. Elle sera finalisée par une tour de style gothique. Durant les années qui suivirent, l'abbaye continuera de rayonner et servira de gite pour les Grands de passage. Au XV ème siècle, l'abbé Guillaume Fillastre, un proche des ducs de Bourgogne, fera ainsi construire un quartier des princes et ainsi des personnages tels que Philippe le Bon, Charles Quint, François Ier ou Louis XIV y séjourneront.
saint-bertin en l'an 1834 Par un décret du 2 novembre 1789, ce monument d'exception devient « bien national ». Puis, par un autre du 13 février 1790 qui interdit les vœux monastiques et supprime les ordres religieux (à l'exception de ceux chargés de l'éducation publique et des maisons de charité) son sort est scellé. Le 15 août 1791, les moines sont expulsés de l'abbaye. En 1792, les bâtiments sont vendus et le 3 octobre de la même année, les cloches de l'abbaye sont brisées. En 1799, l'église abbatiale est vendue à des particuliers qui l'abandonnent après l'avoir dépecée et c'est la ville de Saint-Omer qui deviendra propriétaire des ruines en 1811. En 1830, la commune demande la destruction de l'édifice. L'abbaye servira de carrière et permettra la construction, entre autre, du nouvel hôtel de ville.



Ensuite, les ruines de l'abbaye seront classées en 1840, aux monuments historiques. Sa destruction fut considérée par les hommes de l'époque comme un scandale et fut dénoncée par des archéologues comme Ludovic Vitet et par des intellectuels comme Victor Hugo.

saint-bertin en l'an 1930

Les bombardements de la seconde guerre mondiale achéveront la destruction du monument qui restera en l’état.

saint-bertin-2018












Liste des abbés de cette prestigieuse Abbaye.

  • 638-659 : Mommelin Ier de Noyon
  • 659-700 : Bertin de Sithiu, mort en 709
  • 700-707 : Rigobert
  • 707-712 : Erlefred
  • 712-735 : Erkembald
  • 735-752 : Waimar
  • 752-765 : Nanthaire Ier
  • 765-780 : Dadbert
  • 780-795 : Hardrad
  • 795-804 : Odland
  • 804-820 : Nanthaire II
  • 820-834 : Fridogise
  • 834-844 : Hugues Ier, fils de Charlemagne
  • 844-859 : Adalard, fils du comte Unroch, déposé
  • 859-881 : Hugues II
  • 861-864 : Adalard, rétabli, († 3 février 864)
  • 864-866 : Humfroi Ier, évêque de Thérouanne
  • 866-878 : Hilduin
  • 878-883 : Foulques le Vénérable, déposé
  • 884-892 : Rodolphe (abbé de Cysoing par ailleurs)
  • 893-900 : Foulques le Vénérable, rétabli, assassiné le 17 juin 900
  • 900-918 : Baudouin II le Chauve, abbé laïc
  • 918-933 : Adalolphe de Flandre, abbé laïc
  • 933-958 : Arnoul Ier le Vieux, abbé laïc
  • 958-962 : Baudouin III le Jeune, abbé laïc
  • 965-987 : Arnoul II le Jeune, abbé laïc
  • 944-947 : saint Gérard Ier
  • 947-950 : Guy
  • 950-954 : Hildebrand, déposé
  • 954-961 : Ragenold
  • 961-962 : Adolphe
  • 962-971 : Hildebrand, rétabli
  • 973-984 : Gauthier ou Walter Ier
  • 985-986 : Trutgaud
  • 986-1007 : Odbert
  • 1008-1021 : Humfroi II
  • 1021-1043 : Roderic
  • 1043-1065 : Bovon
  • 1065-1081 : Heribert
  • 1081-1095 : Jean Ier, orfèvre
  • 1095-1124 : Lambert
  • 1124-1131 : Jean II de Furnes
  • 1131-1136 : Simon Ier de gand
  • 1138-1163 : Léonius de Furnes accompagna comme aumônier Thierry d'Alsace lors de ses croisades et ramena à Bruges la relique du Saint Sang
  • 1163-1176 : Godescal
  • 1176-1186 : Simon II
  • 1186-1230 : Jean III d'Ypres
  • 1230-1237 : Jacques Ier de Furnes qui demanda la translation des restes de saint Bertin, en présence de l'évêque d'Arras, de plusieurs abbés, du comte de Guînes,...
  • 1237-1249 : Simon III de Gand
  • 1249-1264 : Gilbert
  • 1265-1268 : Jacques II
  • 1268-1271 : Guillaume Ier d'Oye
  • 1271-1278 : Jean IV Dubois
  • 1278-1294 : Walter II Bloc
  • 1294-1297 : Eustache Gomer
  • 1297-1311 : Gilles d'Oignies
  • 1311-1334 : Henri de Coudescure
  • 1334-1365 : Aleaume Boistel
  • 1365-1383 : Jean V d'Ypres dit le Long
  • 1383-1407 : Jacques III de Condète
  • 1407-1420 : Jean VI de Blicquère
  • 1420-1425 : Alard Trubert
  • 1425-1447 : Jean VII de Griboval
  • 1447-1450 : Jean VIII de Medon
  • 1450-1473 : Guillaume II Fillastre, 64e abbé
  • 1473-1492 : Jean IX Launay
  • 1492-1493 : Jacques IV Duval
  • 1493-1531 : Antoine Ier de Berghes
  • 1531-1544 : Angelbert d'Espagne
  • 1544-1571 : Gérard II de Haméricourt, 1er évêque de Saint-Omer
  • 1571-1583 : Vacance
  • 1583-1603 : Waast de Grenet, issu d'une noble maison d'Ecosse
  • 1604-1611 : Nicolas Mainfroy
  • 1612-1623 : Guillaume III Loemel
  • 1623-1631 : Philippe Gillocq
  • 1631-1641 : Vacance
  • 1641-1650 : Antoine II Laurin
  • 1650-1674 : François Ier de Lières
  • 1674-1677 : François II Boucault
  • 1677-1705 : Benoît Ier de Béthune des Plancques
  • 1706-1723 : Mommelin II Le Riche
  • 1723-1723 : Guillaume IV Dubois
  • 1723-1744 : Benoît II Petit Pas
  • 1744-1763 : Charles de Gherboode d'Espaing
  • 1764-1774 : Antoine III Clériade de Choiseul-Beaupré, cardinal
  • 1774-1791 : Joscio d'Allesnes, 83e et dernier abbé




Domestication, puis aménagements des marais.

La communauté de moines de Sithiu va rapidement entreprendre des travaux de viabilisation du marais environnant de plus de 4000 hectares. L’historien “Alain Derville” affirme que Sithiu « croupissait encore dans le marais en 850 », l’historien “Arthur Giry” nous livre sa version : « Des marécages immenses d'où émergeaient çà et là des iles fangeuses, dont le sol, suivant une heureuse expression, était comme flottant sur l'eau et mouvant sous les pas. ». Les abbés de Saint-Bertin dirigent l’aménagement du territoire audomarois. Ils feront creuser des canaux et rivières, créeront des digues, détourneront l'Aa afin d'alimenter des moulins, entretiendront les espaces gagnés sur l’eau. L'abbé Odland dès 795 sera précurseur en la matière .
Le début du X ème siècle marque un tournant dans la poursuite des grands travaux d'aménagement du marais audomarois. En effet, si avant cette date on peut attribuer l'initiative des travaux aux différents abbés de Saint-Bertin, la suite sera différente. Les domaines seront séparés, fractionnés en petits « fiefs » gérés par le Comte. Les grands travaux seront alors entrepris par les religieux mais aussi par le pouvoir laïc. L'augmentation de la population en ville, confortera rapidement le pouvoir du Comte, qui prendra progressivement l’ascendant sur le clergé. A cette époque, des canaux reliaient le marais audomarois aux plaines maritimes de Flandre et à la mer du Nord ce qui facilitait le commerce. Des textes relatent la présence d'aristocrates anglo-saxons venus en bateau jusque Saint-Omer au XI ème siècle. Des études ont établies que le niveau de l'eau était stable durant la période Carolingienne et s'élevait à 4 ml NGF avec des crues à 5ml NGF. Aux X ème et XI ème siècle, apparaitront des contentieux entre moines et bourgeois de la ville concernant des terres aménagées que les Comtes de Flandre devront régler. Par exemple Philippe d’Alsace se chargera de délimiter les pâturages communaux en 1175. Ce même Philippe d'Alsace continuera les travaux de canalisation entrepris par son prédécesseur Baudoin VII afin de rendre l'Aa navigable et ainsi rendre l'accès avec Gravelines et la mer plus facile.


C’est le travail des hommes qui érigera la ville de Saint-Omer, mais c'est la nature avec les transgressions marines Dunkerquiennes I II et III et les régressions marines Carolingienne et Meghalayenne qui permettra aux moines de cultiver les marais apparus lors du retrait de la mer dès l'an 750.


La paléoclimatologie pour comprendre ce qui précède.

Le chapitre qui suit s'appui sur les travaux des scientifiques : Emmanuel GANDOUIN, Brigitte VAN VLIET-LANOE, Evelyne FRANQUET, Valérie ANDRIEU-PONEL, David H. KEEN, Philippe PONEL, Murielle MEURISSE, Jacques BRULHET, Marcel BROCANDEL
publiés en 2007 et dont le document de synthèse est téléchargeable ici : l'étude scientifique de la Transgression Holocène dans le bassin de Saint-Omer Transgression marine dunkerquienne I

Transgression marine dunkerquienne I : de 5500 à 2000 ans avant J.C

La transgression marine Dunkerque I est une transgression marine de la mer du Nord, qui a envahi progressivement la plaine côtière de la mer du Nord en créant le pas de Calais. Les eaux ont occupé alors la plaine maritime flamande en y déposant des sables sur 25 à 30 mètres d'épaisseur. Pendant les périodes de repli, les rivières descendant des collines ont apporté des vases argileuses sur lesquelles la végétation s'est installée.

Régression Meghalayenne : de 2000 ans avant J.C à 250 ans après J.C

Les eaux se retirent de la plaine maritime Flamande laissant apparaitre un gigantesque maraicage accessible aux hommes. Ce phénomène est dû à des mouvements de l'écorce terrestre.

Transgression marine dunkerquienne II : de 250 à 750 ans après J.C

La transgression marine Dunkerque II est une transgression marine de la mer du Nord, qui a envahi la plaine côtière de Flandre jusqu'à 10 kilomètres, en créant des îles à partir des dunes subsistantes (celles-ci disparaîtront par la suite). La mer se réinstalle alors dans la plaine maritime flamande, qui n'est plus qu'une étendue vaseuse, tour à tour asséchée et noyée, parsemée d'îlots sableux jusqu'à proximité du rivage actuel. Les flots pénètrent par les estuaires, par exemple de la Hem et de l'Aa, décantent et s'envasent. Les herbes marines se développent pour former des prés marins et des criques protégées des marées par l'établissement de dunes.
Du III ème au VIII ème siècle comme le montre le schéma ci dessous, Saint-Omer était un port maritime.

Du III ème au VIII ème siècle | voila ou arrivait la mer du nord lors de la transgression marine Dunkerque II

Régression Carolingienne : de l'an 750 à l'an 1000 après J.C

La régression carolingienne est un recul de la mer du Nord qui a permis une occupation humaine de la plaine maritime flamande. Cette régression fait suite à la transgression marine Dunkerque II qui eut lieu du III ème siècle au VIII ème siècle. Elle sera suivie de la transgression marine Dunkerque III. Ce phénomène est dû à des mouvements de l'écorce terrestre qui sont dans ce cas présent précis, supérieurs en amplitude au niveau de la mer qui ne cesse de monter depuis la dernière glaciation.
Ci dessous image de l'audomarois et du delta de l'Aa en l'an 850.



Transgression marine dunkerquienne III : de l'an 1000 à l'an 1300 ans après J.C

La transgression marine dunkerquienne III est une avancée de la mer qui fait suite à la régression carolingienne. La mer innonde de nouveau la Flandre en empruntant l'estuaire de l'Yser, Saint-omer est à nouveau un port maritime.
Ci dessous une photo satellite avec l'emprise de la mer du nord en l'an 1300 ( en pointillés blancs ).

photo satellite avec l'emprise de la mer du nord dans la plaine maritime en l'an 1300 ( en pointillés blancs )

Mais les moines ne renoncérent pas à l'idée de gagner du terrain sur la mer, et à force de travail pendant plusieurs siècles, dans toute la Flandre maritime, et avec l'aide de la nature car il y eut une deuxième régression, ils réussirent à fabriquer le paysage de marais que nous connaissons aujourd’hui en 2019 ...







Ci dessous, le plan des wateringues Françaises et Belges en 2014. Cliquez sur la photo pour télécharger l'étude exhaustive réalisée par l’Institution interdépartementale des Wateringues (présidée par Jean Schepman) qui relate la domestication du delta de l'Aa et de l'Yser par l'homme et ce, depuis le premier siècle avant J.C jusqu'à nos jours en 2019. plan des wateringues










Les Templiers natifs de Saint-Omer.

Chacun connaît l’Ordre du Temple, cet ordre chevaleresque, dont on parle toujours, chez nous ou à l’autre bout de la planète, de ces chevaliers au blanc manteau qui se battaient pour défendre les pauvres pèlerins en route vers Jérusalem. Ils ont été le symbole de la pureté de cœur, de la bravoure, de l’humilité. La ville de Saint-Omer compte dans ses enfants un des deux fondateurs de l’Ordre du Temple, et, chose incroyable personne n'en parle jamais ! Saint-Omer a d’autres liens avec l’Ordre du Temple, sans pour autant comprendre pourquoi ils sont restés dans l’ombre si longtemps.
Tout le monde connaît Suger, il y a une place à son nom, du côté des ruines Saint Bertin. Qu’a-t-il fait ? Quel est son lien avec les templiers ? Nous verrons cela plus loin.
Quant à geoffroy, fils du Seigneur de Saint-Omer, fondateur de l’ordre du Temple, rien, pas une place, pas une rue, pas une impasse.
Pas une seule trace dans les documents touristiques de la ville. A croire qu’il ait été maudit, et que cette malédiction dure encore ! Et c’est la même chose pour le neveu de Geoffroy Hoston de Saint-Omer dit de "Fauquembergues", qui fut un grand dignitaire de l’Ordre du Temple. . Ces trois hommes furent liés par un quatrième personnage, peut-être le plus illustre, Bernard de Clairvaux, autrement dit Saint Bernard. Geoffroy et Suger l’ont rencontré, et leur rencontre avec cet homme que certains historiens désignent comme le plus influent de l’occident médiéval a été déterminante pour le reste de leur vie.

Saint-Omer ville en pleine expansion en l'an 1000

Sur le schéma ci-dessous nous avons tracé les fortifications en pierres de taille de la ville au XI ème siècle. En 1127 les archives diocésaines nous indiquent que l'église du saint sépulcre était existante, son édification fut entreprise pour abriter des reliques du Saint Sépulcre de Jérusalem ramenées par Guillaume 1er à son retour de croisade en l'an 1100. Cette église est d'ailleurs à proximité du chateau de Guillaume 1er.

Lors de la troisième invasion par les Vikings en l'an 891 le seigneur de Saint-Omer décida d'édifier une fortification en pierre autour de Sithiu. Sa construction qui débuta en l'an 902, fut achevée en l'an 1050. C'est l'abbaye de Saint-Bertin qui fut la première complètement fortifiée dès la fin du IX ème siècle, l'abbaye haute (cathédrale) et le château le seront au milieu du X ème siècle. La ceinture complète de la ville sera achevée un siècle plus tard .

Saint-omer remparts  1200

Entre les années 900 et 1350, la ville de Saint-Omer connut une prodigieuse croissance, comparable à l’essor de l’Ordre du Temple, pendant la même période, ordre qui devait disparaître officiellement en 1307. En 900, la ville ne comptait que quelques centaines d'habitants, plus de mille un siècle plus tard, dix mille en 1200, période qui nous intéresse, et qui voit la croissance de l’Ordre, et plus de trente cinq mille en 1300, siècle de la persécution des templiers.
En 1300, on dénombrait en effet 2 700 maisons pour la paroisse Sainte Marguerite, 425 pour Saint Jean, 400 pour Saint Martin, alors que le bas métier comptait 10 000 feux, ce que confirment des documents de 1338. A cette époque, Saint-Omer ne comptait ni couvent, ni hôpital. Pas de collège ou de caserne, mais elle était formée d'innombrables maisoncelles dont certaines faisaient moins de 7 pieds de façade, et de populeux faubourgs (haut-pont, Fresque Pissonerie, Ysel dans le marais, Saint Martin au Laert, Sainte Croix, Saint Michel, et les Madeleines dans les terres fermes). Mais comment pouvait-on vivre dans une ville plus petite mais plus peuplée qu’à notre époque moderne, alors que les maisons de plus de un étage n’existaient pas ? Tout simplement : tout était habité. On louait les caves, les greniers, on s’entassait à 8, 10 personnes dans une pièce, avec tous les inconvénients que cela pouvait comporter. C’était déjà l’époque des « courées », et on en trouve encore quelques traces aujourd’hui dans les vieux quartiers. Cela créait d’immenses problèmes de travail, de vivre, d’eau potable, de combustibles, d’incendies, de résidus urbains que l’on répandait sur les champs voisins, et de voies publiques, qui étaient régulièrement défoncées. Pour sa sécurité, on dut abriter la ville derrière des enceintes de protection percées de quelques portes. Il y eut quatre enceintes successives :

- la première, autour de l’église d’en-haut ( actuelle cathédrale. ), d’une superficie de 2 ha. Saint Bertin était déjà fortifiée sommairement à cette époque. Entre les deux existait un espace découvert peu sûr, parcouru d’un simple chemin en 957, une procession venue de Saint Bertin à Saint-Omer n’osa pas retourner à Saint Bertin et passa la nuit dans l’église d’en haut !
- En l'an 1000, une nouvelle enceinte fut édifiée. Elle correspondait à la paroisse Sainte Aldegonde et englobait les deux marchés, dont l’immense Grand Marché de 1.5 ha et la Ghildhalle, ce qui nous fait un rectangle de 9 ha.
- La troisième enceinte, de 35 ha, existait en 1127, mais ce n’était qu'une levée de terre surmontée d'une très haute clôture en bois qui n’a pas laissé de trace.
- Quant à la dernière enceinte, qui délimitait un territoire de 110 ha, elle est apparue vers 1200. Sa pièce maîtresse était le château comtal de l’esplanade qui défendait la porte boulnizienne. Elle comportait un ouvrage avancé qui barrait la porte d’Arques, le Colhof. Au delà, se trouvaient les marais et les faubourgs.

Parmi les vieilles demeures dont nous avons retrouvé la trace, il y a dans la rue Caventou ( anciennement rue des Soeurs Grises puis Veltrestraet ou rue des Feutriers (vel = feutre)), une maison dite du Temple. On trouve encore parmi les voisins de cette maison les noms de Engrand Bailly (chanoine) en 1628, en 1333 Jehan Cousin, cordewanier, en 1360 Jehan de Pas et en 1377 Jehan Billehaut (peintre). Une des « maisons templières » était située à l’angle des rue Léon Belly (rue du Poirier ou Perebomstraet) et Saint Bertin (Grosse Rue) , et occupait l’emprise des habitations qui forment l'angle de ces rues. La muraille Est du jardin date, dit-on, des Templiers, et il subsiste des portions d’arcades qui sont des vestiges de l’ancienne maison de ces religieux-chevaliers. Il existait à Saint-Omer d'autres maisons templières comme par exemple une maison avec son moulin située dans l'angle des rues de l'Abbaye et de Saint-Bertin le long de la rivière (il y à aujourd'hui des jardinets à cet emplacement, avec un mur de souténement imposant en grosses pierres) . Au XII ème siècle le terme de Commanderie Templière recouvrait une zone géographique comprenant plusieurs maisons, moulins, fermes, granges, etc .. administrée par les Templiers. La commanderie de Saint-Omer dépendait de la Commanderie Principale située à Merck Saint Lièvin. , au lieu dit « le petit Bruveau », qui existe encore dans la mémoire collective du village.

Commanderie Principale de Merck Saint Lièvin









Sur le plateau du Larzac presque inhabité à cette époque la problèmatique était différente, les espaces vierges ne manquaient pas, et, les Templiers y érigérent des villages fortifiés comme "La Couvertoirade" "Sainte Eulalie de Cernon" "Le Viala du pas de Jaux" "La Cavalerie" "Saint Jean d'Alcas" .
Vous connaissez maintenant le Saint-Omer du XII ème siècle, voyons les personnages :
En 1112, le royaume était gouverné par le roi Louis VI le Gros, qui fit reconnaître Baudoin VII, fils de Robert I (Robert le Frison), comme douzième comte de Flandres. Les châtelains, dont l’origine remonte aux rois francs de la première race, ne furent institués que sous le règne au comté de Flandres d'Arnould III, en 1090. Ils avaient la direction de la milice urbaine et étaient en même temps les gardiens des prisons et les juges suprêmes des crimes qui se commettaient dans le ressort de leur châtellenie. Ils levaient des impôts et prenaient les mesures d’administration locale. C’est Baudoin VII, comte de Flandres, qui fit exécuter tous les travaux hydrauliques qui ont donné sa renommée à Saint-Omer , notamment en 1114 quand il rendit l’Aa navigable. Baudoin VII mourut en 1119 ou 1120 des suites d’une blessure reçue lors du siège de la ville d’Eu, en Normandie. Son successeur fut Charles dit le bon, qui appartenait à la maison de Danemark. A cette époque, le châtelain de Saint-Omer s’appelait Hoston ou Guillaume 1er (fils de Baudouin de Saint-Omer et de Mahaut de Créquy).

sceau aux causes saint-omer 1209 Guillaume 1er avait quatre fils, Guillaume, qui sera châtelain de Saint-Omer sous le nom de Guillaume II, Geoffroy Gérard et Hugues qui partirent dès 1096 en croisade. Les trois frères se rangent sous la bannière de Godefroy de Bouillon , ils contribueront à faire l’histoire des Templiers . Hugues était appelé le « païen », c'est pour cette raison que certains historiens l’assimilent à Hugues de Payns . Cette controverse sur les origines de Hugues de Payns est toujours d'actualité, espérons que les recherches en cours entreprises par les membres de la "Commanderie Geoffroy de Saint-Omer" puissent bientôt clore définitivement cette zone d'ombre de l'histoire glorieuse des Templiers de Saint-Omer.




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Sources de ce travail sur l'histoire de Saint-Omer :
- Jean Derheims « Histoire de Saint-Omer - 1817 ».
- Henri Piers « Biographie de la ville de Saint-Omer ».
- Patrick Rivière « Les Templiers et leurs mystères ».
- Christian de Mondange « Histoire et passions des Templiers ».
- Serge Hutin « L’Ordre du Temple et sa résurgence ».
- Alain Derville « Histoire de Saint-Omer ».
- Justin de Pas « Saint-Omer , vieilles rues, vieilles enseignes » .
- Nicolas de Bonneville « Le secret des Templiers du 14 ème siècle ».
- Thomas Delvaux « Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille ».
- Thomas Delvaux « Généalogies controversées de Charlemagne aux Croisades ».
- Bezanger MC., Les Normands de l’Aa, Mémoire de maîtrise, Lille III, 1972.
- D’Haenens A., Les invasions normandes au 9 ème siècle, Pub. U. Louvain 1967.
- D’Haenens A., Les invasions normandes, une catastrophe ?, Flammarion, 1971.
- Depping G.B., Histoire des expéditions maritimes Normandes en France, 1844.
- Derville A., Saint-Omer des origines au début du 14 ème siècle, P. U. Lille, 1995.
- Ganshof F., La Flandre sous les premiers comtes, La Renaissance du Livre, 1943.
- Haywood J., Atlas des Vikings, Autrement, 1996.
- Le Glay E., Histoire des comtes de Flandre, jusqu'au XIII, Pyrémonde, 2006.
- Mériaux Ch., Thérouanne et son Diocèse carolingien, Bibli. chartes, 2000.
- Milis L., L’espérance déçue des Carolingiens, provinces Nord, P.U. Artois, 2008.
- Paillard de St-Eglan, Mémoires de la sté des antiquaires de la Morinie, T.10,1858.
- Sommé M., “Les dernières invasions : les Vikings”, sd. Lottin A., Mazarine, 1984.
- Steenstrup J., Les invasions normandes en France, Albin Michel, 1969.
- Vercauteren F., Comment se sont défendus les Francs, au IXème, F.A. 1936.
- Witte E., Histoire de Flandre, La Renaissance du Livre, 1983.
- Patrimoine de Saint-Omer et des environs téléchargez ICI le document


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