Les États Latins d'Orient

Les états latins d'orient, une conséquence directe de la première croisade, le Comté d'Édesse de 1098 à 1146, la principauté d’Antioche de 1098 à 1268, le comté de Tripoli de 1102 à 1288, le royaume de Jérusalem de 1099 à 1291.


Première croisade pour délivrer les lieux Saints

Préparatifs de la croisade

Dès le 01 Aout 1096, Boulogne sur mer devint le siège d’une armée qui se prépare à partir en campagne, et la mère de Godefroy de Bouillon, Ida de Lotharingie, réputée pour sa grande piété se chargea de nourrir et d’abriter tous ces soldats, seigneurs, ouvriers, tacherons, moines, marchands et serfs pendant deux semaines. Boulogne sur mer était à présent un océan de tentes bariolées, d’oriflammes, de bannières. Les feux de camp restaient allumés jour et nuit, ce qui rajoutait au caractère mystique de cette entreprise. Geoffroy de Saint-Omer et son père Guillaume restèrent dans la ville jusqu’au 05 Aout puis regagnèrent Saint-Omer une fois les préparatifs administratifs terminés à Boulogne. Le vendredi 15 Aout 1096 à 9h00 après l'office de Prime, Godefroy de Bouillon embrassa longuement sa mère Ida de Lotharingie dans un vacarme de remerciements à l’endroit de la sainte femme, puis donna le signal du départ, et la colonne s’ébranla en direction de Saint-Omer. Ils n’étaient pas moins de 200 chevaliers et seigneurs, 20 000 hommes armés, et 10 000 vilains, serfs, marchands, ingénieurs, ouvriers, médecins, manœuvres etc.
Toute la chevalerie de la Flandre maritime était là ainsi que quelques Barons Anglais avec leurs maigres troupes, les autres Anglais partiraient un peu plus tard de Normandie avec l’armée de Robert de Courteheuse.

Etapes pour rallier Constantinople

La première étape ralliée en 2 jours fut Saint-Omer, ou une partie de la chevalerie de Flandre intérieure attendait depuis quelques jours pour se joindre au cortège. Après une journée de repos le cortège reprit sa marche vers Courtrai. Au départ de Saint-Omer, ce sont 300 chevaliers et seigneurs, 15 000 hommes armés, et 15 000 vilains de toutes conditions, qui s’agrègeront au cortège initial. Geoffroy et ses deux frères Hugues et Gérard seront bien entendu du voyage. Leur père en sera également pour seconder Robert II de Flandre jusqu’à Jérusalem, puis plus tard, quand ce dernier décidera de rentrer en France en Octobre 1099 il rentrera également chez lui à Saint-Omer. A ce moment précis, ils ne le savent pas encore mais les trois frères Geoffroy, Hugues, et Gérard de Saint-Omer ne reviendront plus en France ( à l’exception d’un bref retour pour Geoffroy et Hugues en 1127 ).
La deuxième ville Courtrai, fut ralliée en 4 jours, les croisés s’y reposèrent 2 jours.
Lire la suite ...

De la Kermesse Flamande au long chemin de croix vers Jérusalem

Le 1er Mai 1097, à bord de la flotte Byzantine les armées croisées traversent le détroit du Bosphore, cet incessant va et vient de bateaux dura 3 jours et 3 nuits. De mémoire d’homme on n’a jamais rien vu de pareil ! Devant ce spectacle grandiose, et renseignés par leurs espions, les Musulmans cantonnés à Nicomédie prennent la fuite pour Nicée. Le 4 Mai l’avant-garde des croisés délivre sans combattre Nicomédie, Godefroy ordonne l’agrandissement de la route qui mène à Nicée pour le passage du matériel de siège ( trébuchets, mangonneaux, béliers, tours etc). Le 8 Mai, l’avant-garde des croisés arrive à Nicée défendue par 6 kilomètres de remparts et 240 tours, Godefroy de Bouillon y prépare calmement le siège pendant une semaine, le 12 Mai le gros des troupes est arrivé avec une partie du matériel de siège. Le 14 Mai, l’armée est presque au complet, une première attaque des remparts destinée à jauger l’adversaire se solde par un échec. Soucieux de garder ses forces armées intactes Godefroy décide de faire le blocus complet de la ville. Le 20 Mai des renforts Musulmans arrivés pour secourir les assiégés sont mis en déroute. A cette date, le travail des sapeurs croisés commence à porter ses fruits et les murailles commencent à s’effondrer, néanmoins, elles sont aussitôt consolidées par les Musulmans. Le 3 juin toutes les armées croisées avec le matériel de siège sont en place autour de la ville, les assauts croisés peuvent véritablement commencer. Du 7 Juin au 18 Juin 1097, les assauts croisés avaient pour but d’affaiblir l’ennemi en minimisant les pertes Chrétiennes. Pendant 11 jours la résistance Musulmane fut héroïque mais le 18 Juin tout était consommé, et, il suffirait à Godefroy de donner un dernier assaut le lendemain matin pour mettre en déroute les survivants. Sur le papier les Musulmans rescapés n’avaient aucune chance de sortir vivants de ce piège.
Aucune chance vraiment ?
Pas si sûr !
Car pendant que les croisés se battaient, l’empereur Byzantin Alexis I er, qui les avait suivi de loin et sans participer aux combats, arriva comme convenu avec des bateaux et deux mille peltastes, commandés par Taticius et Tzitas pour établir un blocus complet sur le lac Ascanios ( les Turcs ravitaillaient en effet la ville par le lac depuis le début du siège ). Sans en informer les croisés, Alexis Ier fit mener des négociations secrètes par Boutoumitès à partir du 14 Juin, et ces tractations aboutirent à la reddition de la ville.
Lire la suite ...

Les états latins d'orient, une courte aventure Catholique vouée à l'échec

Généralités concernant les états latins

La naissance des États latins d'Orient est la conséquence directe de la première croisade organisée par la papauté pour la libérer le saint sépulcre et les chrétiens d'Orient. Au cours de cette croisade, des bataillons de l'armée franque s'établirent successivement à Édesse (1097), à Antioche (1098), à Jérusalem (1099) et finalement autour de Tripoli (1102). Plus tard en 1191, lors de la troisième croisade, Richard Cœur de Lion s'emparera de l'île de Chypre, afin de punir l'empereur byzantin ( pour l'ensemble de ses agissements envers les Chrétiens d'Occident ).

Une opération vouée à l'échec

Royaumes de Jérusalem et de Chypre, principauté d'Antioche, comtés d'Édesse et de Tripoli s'étaient constitués indépendamment les uns des autres sur le modèle de la féodalité occidentale. Les états latins d'orient venaient de naître .
Baudouin de Boulogne avait occupé diverses forteresses de la région d'Édesse avant d'être appelé par le gouverneur arménien Thoros à s'installer dans cette ville. Il poursuivit ses conquêtes tantôt aux dépens et tantôt avec la collaboration des chefs arméniens établis dans la haute vallée de l'Euphrate. Bohémond de Tarente avait occupé Antioche au mépris de l'engagement pris envers l'empereur Alexis Comnène de rendre à l'Empire byzantin les places qui lui avaient appartenu, et il occupa aussi bien les territoires byzantins ( Cilicie, Lattaquié ) que des régions jusqu'alors soumises aux Turcs ( la vallée de l'Oronte et le massif montagneux des deux côtés du fleuve ).
Godefroy de Bouillon avait été désigné en 1099 par les barons avoué du Saint-Sépulcre – reconnaissant par là que la Ville sainte serait la possession de l'Église de Jérusalem –, mais ses conquêtes sur la côte et dans l'intérieur, où Tancrède, conquérant de la Galilée, se reconnaissait son vassal, permirent à son frère Baudouin de Boulogne de prendre le titre de roi en 1100 à la mort de son frère Godefroy de Bouillon. Raymond de Toulouse, après avoir échoué dans toutes ses tentatives de fonder un royaume en Syrie, puis en Philistie, il occupa Tortose et bâtit la ville de Mont-Pèlerin pour bloquer Tripoli que son successeur Bertrand contraignit à capituler en 1109.
Lire la suite ...

Baudouin de Boulogne comte d'Edesse devient roi de Jérusalem

Après la mort de son épouse "Godehilde de Tosny" en 1097 lors de la grande pérégrination, Baudouin de Boulogne s'empara de la province d'Edesse et il décida d'y rester. Il devint Comte d'Edesse et ne poursuivit pas sa route vers Jérusalem. Pour se faire mieux accepter de la population de son nouveau royaume il épousa rapidement une Arménienne "Arda" . Bernard de Clairvaux Puis, et alors qu'il s'employait à sécuriser son nouveau comté avec l'aide d'un de ses meilleurs amis ( Geoffroy de Saint-Omer ) depuis deux années, il apprit mi-Aout 1100 la mort de son frère Godefroy de Bouillon. Il se mit aussitot en route pour Jérusalem après avoir confié le comté d'Edesse à son cousin Baudouin du Bourcq.

Ce voyage ne fut pas de tout repos et son confesseur et chroniqueur "Foucher de Chartres" nous apprend que c'est par miracle que Baudouin rallia Jérusalem, tant il dut faire face à de nombreuses attaques Musulmanes. A chaque fois qu'il sera attaqué par les musulmans il les mettra hors d'état de nuire jusqu'au dernier, c'est pour cette raison qu'il mettra deux mois pour rallier Jérusalem. Arrivé à Jérusalem, nullement marqué par les épreuves qu'il venait de vivre, et avant même de se faire couronner en remplacement de son frère, il entreprit une campagne de sécurisation de la fin Octobre au 21 décembre 1100. états latins d'orient Avec cent cinquante chevaliers, et cinq cents fantassins, il fit une reconnaissance du port musulman d'Ascalon, il le trouva si fortement défendu qu'il renonça à l'attaquer. Rebroussant chemin vers l'est, il se dirigea vers Beit Djibrin où se cachaient dans des grottes des pillards qui, depuis longtemps, faisaient régner la terreur dans cette contrée en détroussant les pèlerins qui, débarquant à Jaffa, se rendaient à Jérusalem. Il enfuma ces pillards qui étaient au nombre d'une centaine et les massacra jusqu'au dernier. Non rassasié de combats, il se remit en marche avec des guides arabes en direction de la Mer Morte. Baudouin longea la Mer Morte jusqu'à sa pointe méridionale, Foucher de Chartres exprime la surprise qu'il éprouva en voyant, sur le rivage, des montagnes de sel brillantes comme la glace, étant descendu de sa mule, il voulut boire, mais il trouva cette eau plus amère que l'hellébore.
Lire la suite ...


Baudouin 1 er soucieux de sécuriser les états latins d'Orient

Ainsi donc, dans le prolongement de la première croisade venaient de naître les 4 Etats Latins d'Orient :
Le Comté d'Édesse, qui existera de 1098 à 1146 liste des 6 comtes
La principauté d’Antioche, qui existera de 1098 à 1268 liste des 3 princes
Le comté de Tripoli, qui existera de 1102 à 1288 liste des 7 comtes
Le royaume de Jérusalem, qui existera de 1099 à 1291 liste des 8 rois

Il fallait à Baudouin 1 er des ports et il n'en avait qu'un seul Jaffa, le 15 avril arriva dans le port une flotte génoise venant de Laodicée. Baudouin 1 er alla au-devant de cette flotte avec deux navires, bannières déployées et au son des trompettes. Le roi établit un contrat avec les Génois qui s'engagèrent à l'aider, ce qu'ils firent en attaquant, à dix-huit kilomètres au nord de Jaffa, le port d'Arsouf qui capitula à la fin d'avril. Immédiatement Baudouin 1 er y installa un bataillon de croisés. Puis son armée et les génois allèrent plus au nord attaquer le port de Césarée. Là fut organisé un siège en règle avec grand renfort de mangonneaux. Au terme de quinze jours de combats, les Francs ayant construit une tour de bois plus haute que les murailles, réussirent à pénétrer dans la ville le 17 mai 1101 et ce fut un massacre. Là encore, Baudouin 1 ery installa un bataillon de croisés. Puis se séparant des Génois Baudouin 1 er regagna l'intérieur des terres et atteignit Ramla où il construisit une tour. En août il apperçut une armée égyptienne qui se dirigeait vers Ascalon. Il demanda de suite à Jérusalem des renforts. Cependant il était trop tard, et il dut se résigner à affronter seul l'ennemi. Il n'avait que deux cents chevaliers et mille fantassins, la supériorité numérique de l'armée égyptienne était écrasante. L'assaut eut lieu le 7 septembre 1101 dans la plaine de Ramla, Baudouin 1 er avait divisé ses forces en cinq parties : les trois bataillons furent écrasés, les deux autres, chevaliers croisés de Jérusalem et de Judée commandés par lui-même, rétablirent la situation. Il avait galvanisé les soldats : "Si vous êtes tués vous serez des martyre" "Si vous vainquez, c'est la gloire éternelle". "Quant à fuir, n'y pensez pas la France est trop loin ils vous tueront". La vraie Croix portée par un évêque l'accompagnant, Baudouin 1 er avait chargé avec furie, monté sur sa jument appelée "la Gazelle" à cause de sa vitesse, il y fit des merveilles. Attaqué par un émir, il lui trancha la tête, les musulmans se replièrent vers Ascalon. En mai 1102 Baudouin, dont les possessions s'étendaient, faillit tout perdre dans une bataille à Ramla. Revanchard, le vizir d'Egypte al Afdal avait concentré une armée de vingt mille combattants au nord d'Ascalon, le long de la côte. Baudouin, apprenant cette nouvelle, mais ignorant les réélles forces musulmanes, commit l'imprudence d'attaquer avec ses maigres forces ( deux cents chevaliers ). Les Francs furent encerclés le 17 mai 1102 à Yasour. Ce fut un massacre, le soir, Baudouin 1 er put, avec les survivants, s'enfermer provisoirement dans Ramla. Alors se produisit un événement providentiel : un sheikh se présenta à l'entrée de la ville et demanda à parler à Baudouin 1er. Le roi qui avait naguère sauvé la femme de ce sheikh, et ce dernier lui en gardait une grande reconnaissance. Il le laissa s'enfuir à la faveur de la nuit, avant l'assaut du matin. Baudouin 1 er s'élança donc avec son écuyer et quelques compagnons au milieu de l'armée ennemie. Il fut poursuivi, mais il put s'échapper. Au petit jour, Ramla fut reprise par les musulmans et presque tous les Francs furent massacrés. A Jérusalem le bruit se répandit que Baudouin 1 er était mort, la terreur fut si grande que l'on parla d'évacuer la ville pour gagner la côte. Un des rares rescapés de la bataille, Gutman de Bruxelles, redonna le moral aux habitants. Cependant Baudouin 1 er arrivait à Arsouf, blessé et épuisé, le 19 mai. De là il gagna par mer Jaffa. Là aussi, ayant arboré sur son bateau la bannière royale, des navires égyptiens se mirent à sa poursuite, mais le vent leur fut contraire. A Jaffa en quelques jours Baudouin 1 er regroupait les forces Franques et le 27 mai il sortait de la ville et attaquait une armée égyptienne qui campait non loin de là. Au bout de quelques heures de combat, elle prenait la fuite vers Ascalon. Les Francs firent un grand butin. Baudouin 1 er rentra triomphalement à Jérusalem. Baudouin 1er cédant une partie du Palais du roi Salomon à Geoffroy de Saint-OmerDès l'année 1102, Baudouin 1er a conscience de l'importance de la position de Saphet la route de Damas à Acre, et demande à un fidèle "Hugues de Saint-Omer", prince de Galilée, d'y ériger une forteresse. En juillet 1103 pour protéger les pèlerins, le roi de Jérusalem organisa une expédition sur la côte, entre Caïffa et Césarée. La route était resserrée entre la mer et les contreforts méridionaux du mont Carmel formant un défilé appelé "le Destroit ou Pierre-Encise", des pillards arabes s'y abritaient pour attaquer et détrousser les caravanes de pèlerins. Lors de cette expédition, Baudouin 1 er reçut dans les reins un coup de lance qui le fit tomber évanoui de son cheval. Il gardera des séquelles de cette blessure toute sa vie. Plus tard, dans de ce défilé de Pierre-Encise, les chevaliers du Temple bâtiront la puissante forteresse d'Athlit (Château Pélerin). En avril 1104 une flotte génoise forte de soixante-dix galères ayant aidé le comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles, à s'emparer du port de Byblos (Djebeil), Baudouin 1 er demanda à cette escadre de l'aider à conquérir le port d'Acre. Le siège commença à terre et en mer les 5 et 6 mai. Trois semaines après, les habitants capitulèrent le 26 mai. Saint-Jean-d'Acre deviendra le port Franc le plus important de la Judée avec le plus gros trafic commercial de toute la côte. Après la prise d'Acre, il restait encore aux musulmans, les ports d'Ascalon et de Tyr, de Saïda et de Beyrouth.
Lire la suite ...

Baudouin souverain responsable des états latins d'orient

Agissant en souverain responsable à l'égard des autres princes et seigneurs de la Terre Sainte, le comte de Tripoli, le prince d'Antioche et le comte d'Edesse, il leur apporta son concours militaire et aussi son arbitrage dans leurs conflits. En mars 1109, Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, et Guillaume Jourdain, neveu de ce dernier, sont en compétition pour devenir comte de Tripoli. Tancrède soutenant Guillaume Jourdain, Baudouin 1 er trancha l'affaire et donna raison à Bertrand. Un mois plus tard, il arrive avec ses troupes pour prêter main-forte à Bertrand devant Tripoli assiégée depuis dix ans, ce coup de force s'avère payant car la ville ouvre ses portes. L'année suivante, il repousse les prétentions de Tancrède à la suzeraineté sur Edesse et rétablit Baudouin de Bourcq ( son cousin ) qu'il avait mis lui-même en 1100 à la tête du comté d'Edesse. En 1111, ses efforts de conciliation entre les seigneurs Francs portent leurs fruits, face à une menace d'invasion des Musulmans. Accourant de toutes parts, les armées Franques se retrouvent à Chastel Rouge près de l'Oronte : le roi est là, avec sa chevalerie, ainsi que Bertrand de Tripoli et Tancrède, prince d'Antioche, avec leurs contingents. Bientôt Baudouin de Bourcq et Jocelin de Courtenay les rejoignent avec leurs troupes. C'est une armée Franque de seize mille hommes qui fera mouvement vers Apamée tandis que l'armée musulmane prenait position devant la citadelle de Sheïzar sur l'Oronte. Il y eut des combats féroces, mais aucune des forces en présence ne put revendiquer la victoire. Baudouin 1 er, en dix-huit ans de règne, a donné au royaume de Jérusalem une administration chrétienne féodale et l'a doté d'une milice de moines soldats. Baudouin 1 er de Jérusalem décéda le 02 Avril 1118 à El-Arich, une ville située à 80kms au Sud Ouest de Jérusalem. Baudouin 1 er et son frère Godefroy reposèrent tous deux dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Seuls les deux ports de Tyr et Ascalon ne furent conquis, qu'en 1124 et 1153. Les frontières naturelles étaient constituées : au Nord, le royaume était limité par le comté de Tripoli, la frontière paraissant s'être trouvée au Nahr al Muamiltain à peu de distance au nord de Beyrouth le long de la côte au sud, au-delà de Gaza et du petit fort avancé du Darum, se trouve un immense désert sans eau que les Francs appelaient la Grande Berrie cette étendue dénudée suffisait à protéger de toute invasion le royaume côté sud. à l'Est, la grande dépression appelée la fosse syrienne, parcourue par de grands fleuves et encadrée de chaînes de montagnes, formait une frontière naturelle aux Etats chrétiens.
Lire la suite ...

Une colonisation Chrétienne à minima dans les états latins

Dans l'église de l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem le 15 février 1113. Baudoin Ier, roi de Jérusalem, donnant l'investiture à Gérard Le Pieux, premier grand-maître En 1113, les troupes de Jérusalem étaient en campagne militaire sous les ordres du roi dans la région de Tibériade, lorsque l'armée égyptienne vint jusque sous les murs de la capitale qui, privée de défenseurs, fut sur le point de capituler. Lors de la première croisade, avant la prise de Jérusalem par les Francs, les Musulmans avaient renvoyé les chrétiens qui y habitaient, et lorsque les Croisés y furent entrés ils en chassèrent les Infidèles. Ainsi la ville se trouvait-elle fort peu peuplée. Baudouin 1 er vit de suite tout le danger qu'une telle situation pouvait générer et agit en conséquence. Il fit informer secrètement les chrétiens syriaques et grecs qu'il leur proposait de venir s'établir à Jérusalem où il leur assurerait une existence convenable. Un grand nombre de chrétiens, vivant sous la domination musulmane, accoururent avec leurs familles et leurs biens. Ainsi Baudouin 1 er assura non seulement le repeuplement de Jérusalem mais il installa aussi des populations agricoles dans les casaux de Judée Samarie, qui prospérèrent. Et il avait si bien assuré le gouvernement de son Etat que la confiance d'y vivre dans la sécurité et l'aisance se propagea outre mer et que beaucoup d'Occidentaux vinrent se fixer définitivement en Terre Sainte. Cette fusion entre Croisés installés en Judée Samarie et immigrants arrivés après la croisade est clairement exprimée par Foucher de Chartres, le chapelain de Baudouin 1 er et quelques années après la mort de celui-ci il écrivait : "Dieu a transformé l'Occident en Orient.
Lire la suite ...

Une conquéte Franque fastidieuse qui durera des décennies

Il ne faudrait pas croire que les chevaliers chrétiens en orient se soient uniquement interressés à l'aspect militaire de cette aventure. Ils se sont également préoccupés du développement économique des nouveaux états latins, et ils ont élaboré une charte qui se nomme les « Assises de Jérusalem », fondement de l'organisation du royaume, calquée sur les royaumes d'occident. Quand le légat de Frédéric II, le maréchal Filanghieri, s'arrogea au nom de l'empereur des droits dictatoriaux, les seigneurs et notables chargèrent Balian de Sagette de le rappeler au respect des coutumes et franchises de la Chrétienté d'Orient inscrites dans les Assises. On sait qu'après la prise de Jérusalem ( 15 juillet 1099 ), nombre de Croisés, estimant leur devoir rempli, s'en retournèrent chez eux. Ceux qui fort peu nombreux décident de rester sur place doivent penser à assurer l'avenir. Tancrède pare au plus pressé en occupant la Galilée il relève les murs de Tibériade et de Beisan, l'ancienne Scythopolis, pour se garder des incursions ennemies venues de l'Est. Afin de se prémunir contre une attaque qui viendrait du sud de la mer Morte, Godefroy de Bouillon fortifie Hébron. Il convient de renforcer les défenses côtières, Jaffa, indispensable pour assurer les relations avec l'Occident et se défendre des attaques des flottes égyptiennes. La prise de Haiffa par Tancrède le 20 août 1100, un mois après la mort de Godefroy de Bouillon fournit un second port. L'année suivante, c'est le tour d'Arsouf et de Césarée, en 1104 Baudoin s'empare d'Acre qui deviendra le grand port du royaume. C'est en 1104 que Baudouin 1er conscient du danger demande à Geoffroy de Saint-Omer de créer une milice armée dans les états latins nouvellement créés. En 1118 à la mort de Baudouin 1er cette milice sera totalement opérationnelle. Quant à Beyrouth et Saïda elles ne tomberont qu'en 1110, et dans ces victoires les flottes de Gênes, de Pise et de Venise furent déterminantes.
Lire la suite ...

Les états latins, une aventure orientale vouée à l'échec

Il serait trop fastidieux de relater les innombrables batailles des Francs, il convient simplement de rappeller que rien ne fut simple en orient et rien ne fut jamais acquis car les Francs ne s'étaient pas donnés les moyens de réussir une implantation durable en orient. Pour réussir ce projet aurait du faire la part belle à un vaste plan de colonisation Chrétienne, ce qui ne fut pas le cas car les seigneurs occidentaux avaient besoin de tous leurs serfs pour gérer leurs biens. Tous les rois de Jérusalem useront de courage mais également de finesse pour conserver leurs biens le plus longtemps possible, Baudouin 1 er décédera en 1118, lui succéderont :
- Baudouin II de Bourcq du 14 Avril 1118 au 21 Août 1131
- Mélisende du 21 Août 1131 au 10 Novembre 1143
- Foulques d'Anjou du 21 Août au 1131 10 Novembre 1143
- Baudouin III du 10 Novembre 1143 au 10 Février 1162
- Amaury Ier du 10 Février 1162 au 11 Juillet 1174
- Baudouin IV le Lépreux du 11 Juillet au 1174 16 Mars 1185
- Baudouin V du 20 novembre 1183 au 11 août 1186
Les deux derniers rois du grand royaume de Jérusalem furent :
- Sibylle du 11 août 1186 au 22 octobre 1190
- Guy de Lusignan du 11 août 1186 au 22 octobre 1190
Comme Jérusalem fut reprise par les Musulmans en 1187, les rois suivants du royaume de Jérusalem ne furent plus inhumés dans cette ville.
Saladin reprendra donc Jérusalem en 1187, ce qui sonnera le glas des états latins d'orient. Il y aura encore des croisades pour essayer de reconquerrir les territoires perdus mais les armées Chrétiennes trop peu importantes ne pourront jamais plus rivaliser avec les armées Musulmanes. Louis VII, Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion, Louis IX, et bien d'autres souverains occidentaux tenteront de reprendre les territoires perdus en orient mais ils ne se donneront pas les moyens de leurs politiques et les 2 ème 3 ème 4 ème 5 ème 6 ème 7 ème 8 ème 9 ème croisades se solderont toutes par des échecs. Les Chrétiens au proche Orient tomberont Charybde en Scylla.

Après 1187 ce qui reste des états latins deviendra le royaume d'orient à Saint-Jean d'Acre et Guy de Lusignan en sera le premier souverain, puis, se succéderont Isabelle 1ere, Conrad Ier, Henri de Champagne, Amaury II, Marie, Jean 1er, Isabelle II, Frédéric II. En 1250, les seigneurs se débarrasseront des hommes de Frédéric II et organiseront un gouvernement collégial. Ils maintiendront un semblant de royauté, mais celle-ci sera purement nominale et les rois ne viendront plus dans le royaume.

Lire la suite ...


retour en haut de la page consacrée aux états latins